Prisons : 90 020 détenus au 1er septembre, nouveau record

Selon des statistiques du ministère de la Justice diffusées samedi, la France comptait 90 020 personnes incarcérées au 1er septembre 2026. Ce total, en hausse de 6,8 % par rapport aux 84 311 détenus recensés au 1er septembre 2025, établit un nouveau record.

À cette date, le parc offrait 63 348 places opérationnelles, en progression de 1,2 %. Faute de couchages suffisants, 8 347 matelas étaient installés au sol, soit 51,8 % de plus sur un an.

Dans les maisons d’arrêt, qui accueillent les courtes peines et les personnes en attente de jugement, la densité carcérale grimpait à 176,1 %. Le taux de sur-occupation global s’inscrivait pour sa part à 142,1 %.

Au début de l’année, le Conseil de l’Europe a fustigé la situation des établissements pénitentiaires français. Dans un rapport, l’organisation mettait en garde contre le risque de basculer vers un « entrepôt humain », en visant notamment la surpopulation, l’insalubrité et les violences.

Dominique Simonnot, contrôleure générale des lieux de privation de liberté, a regretté, dans un avis paru au Journal officiel au début de juillet, l’absence de « mesure d’envergure nationale » pour freiner la surpopulation carcérale. « La construction de nouveaux établissements ne saurait constituer une réponse pertinente : au regard du rythme actuel de progression de la surpopulation, il conviendrait, pour l’absorber, de mettre en service un centre pénitentiaire toutes les six semaines », a-t-elle alerté. Elle a ajouté que « les dispositifs d’aménagement de peine et les alternatives à l’incarcération, bien qu’indispensables, demeurent sous-utilisés ou entravés par des conditions de mise en œuvre restrictives ».

Le ministère de la Justice prévoit d’ouvrir 3 000 places de plus dans des prisons modulaires, la moitié dès 2027. Sur les 15 000 places pénitentiaires supplémentaires qu’un plan national initié en 2018 devait apporter, la part effectivement livrée reste inférieure au tiers.

Les données 2025 du Conseil de l’Europe placent la France parmi les États européens à la densité carcérale la plus forte : à 131 personnes détenues pour 100 places, elle se trouve au même niveau que la Turquie, devant l’Italie (121) et la Croatie (123).



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