Pouvoir d’achat : les candidats multiplient les propositions

Confrontés à la flambée des prix, énergie en tête, les prétendants à l’Élysée placent le pouvoir d’achat au premier rang de leurs priorités. Bruno Retailleau devait présenter les siennes mardi après‑midi, lors d’une conférence de presse.

Côté rémunérations, le candidat Les Républicains (LR) ressuscite le principe « travailler plus pour gagner plus ». Selon lui, « 30 minutes de plus chaque jour » permettraient à un salarié de toucher « quasiment deux mois de plus » : cotisations salariales et patronales seraient exonérées à partir de la 36e heure, le brut devenant alors égal au net. Sur un salaire brut de 2 700 euros, l’écart avec le net dépasse encore un peu plus de 20 %.

Gabriel Attal (Renaissance) met en avant un « droit au brut » : il promet 250 euros de plus pour qui gagne 2 200 euros net, grâce à un allègement de cotisations financé « par des économies sur la sphère sociale ». Raphaël Glucksmann (Place publique) plaide lui aussi pour une réduction de cotisations ou de CSG, adossée à un alourdissement de la fiscalité sur les « méga‑héritages ».

Jean‑Luc Mélenchon (LFI), Fabien Roussel (PCF), Marine Tondelier (Ecologistes) et Olivier Faure (PS) s’opposent à cette piste. Ils soulignent que les cotisations forment un « salaire différé », destiné à couvrir maladie et retraite. Le leader insoumis veut porter le Smic à 1 700 euros — mesure inscrite dans la niche parlementaire LFI de fin octobre — et rétablir l’« échelle mobile des salaires », indexée sur l’inflation. Marine Le Pen, elle, mise sur une hausse salariale de 10 % encouragée par une exonération de cotisations patronales sur ce surcroît.

Carburants et appels à la mobilisation

À court terme, c’est la cherté des carburants qui concentre les tensions. Mardi matin, des pêcheurs ont brièvement bloqué un dépôt pétrolier à Fos‑sur‑Mer (Bouches‑du‑Rhône). Les syndicats annoncent des actions pour le 29 septembre. Sur les plateformes en ligne circule par ailleurs un mot d’ordre visant le 17 octobre, date qui marquera huit ans depuis le démarrage, en 2018, du mouvement des Gilets jaunes.

Olivier Faure se dit prêt à être « à leurs côtés » si les Français « se soulèvent ». « La mobilisation du 17 octobre, si elle se confirme, évidemment on la soutiendra », a affirmé Manuel Bompard (LFI). Fabien Roussel invite quant à lui la population à « se mobiliser sur les ronds‑points » faute de gestes gouvernementaux « dans les jours qui viennent » sur le coût de l’énergie.

La France insoumise réclame un plafonnement à 1,70 euro le litre. Mardi sur X, Marine Le Pen a de nouveau défendu, pierre angulaire de son programme, le passage de la TVA énergétique de 20 % à 5,5 %. « La politique du chèque a prouvé son inefficacité alors que la baisse des taxes (…) permet une baisse immédiate des prix à la pompe », a‑t‑elle écrit.

David Lisnard (Nouvelle énergie) et Bruno Retailleau demandent la suspension des certificats d’économie d’énergie : selon eux, 15 à 20 centimes pourraient ainsi être retirés à la pompe sans négociation avec l’Union européenne, contrairement à tout ajustement de TVA.

L’exécutif sous pression

Dans le budget, l’exécutif traque 30 milliards d’euros d’économies, dont 6 milliards sur les retraites. « Si on veut éviter les blocages, il faut que le gouvernement aille très vite », a plaidé mardi François Hollande sur RTL, en réclamant des dispositions « au bénéfice d’abord des professionnels » et un « chèque » destiné aux ménages.

Jusqu’ici, une extension généralisée des aides a été écartée. Sur une éventuelle reconduction de l’aide de 100 euros aux « grands rouleurs », la porte‑parole du gouvernement Maud Bregeon « ne ferme aucune porte ».



Le Journal des Francais