Poutine menace d’employer « tous les types d’armes » en cas d’attaque contre Kaliningrad

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Vladimir Poutine s’est exprimé jeudi 1er octobre lors de la session plénière du forum Valdaï, à Moscou, sur fond de tensions avec les pays européens. Deux formules structurent ses déclarations, rapportées par Reuters et par plusieurs médias russes : la Russie n’aurait « pas l’intention d’attaquer qui que ce soit », mais répondrait à toute agression, y compris, s’agissant de Kaliningrad, en envisageant « tous les types d’armes » de son arsenal.

« Nous n’allons attaquer personne, mais nous répondrons si nous sommes confrontés à une agression », a déclaré le président russe. Il a assuré que Moscou ne prévoyait pas d’attaquer un pays européen, « ni en 2030, ni en 2050 », et a insisté : « Nous ne menaçons personne et nous ne prévoyons d’attaquer aucun pays européen. » Dans le même mouvement, il a désigné comme « une menace pour l’avenir » l’aide des services de renseignement occidentaux à l’Ukraine pour mener des frappes en profondeur sur le territoire russe. « Lorsque quelqu’un veut faire la guerre à la Russie en utilisant l’Ukraine comme intermédiaire, c’est une menace », a-t-il poursuivi.

L’avertissement le plus explicite concerne Kaliningrad, enclave russe située entre la Pologne et la Lituanie. Ancienne Königsberg de Prusse orientale, annexée par l’URSS en 1945, elle n’a pas de frontière terrestre avec le reste de la Russie et borde la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. « Si une menace apparaît contre l’enclave russe de Kaliningrad, nous envisagerons d’utiliser toutes les armes de notre arsenal », a déclaré Poutine, ajoutant que la Russie disposait d’un « avantage compétitif dans la défense » de son territoire. Interrogé plus tard dans la séance, il a précisé qu’en cas d’attaque directe contre la Russie, « en l’occurrence contre Kaliningrad », la question de l’emploi de tous les types d’armes dont dispose le pays se poserait « inévitablement et immédiatement » et serait « à l’ordre du jour ». Il a maintenu, dans le même passage, que Moscou ne menaçait personne et ne souhaitait pas attaquer les pays européens.

Cet avertissement s’inscrit dans une séquence déjà ouverte. Les pays de l’Otan ont mené ces derniers mois plusieurs exercices militaires aux frontières de Kaliningrad. Moscou leur a adressé un document condamnant une « montée en puissance sans précédent de l’activité militaire de l’Alliance le long de nos frontières occidentales ». Mardi, l’Otan avait condamné la « rhétorique nucléaire irresponsable » contenue dans ce document. Dans une note diplomatique consultée par Reuters, la Russie a également évoqué la possibilité de frappes contre des centres de décision de pays membres de l’Otan. Au forum, Poutine a encore qualifié d’« escalade » les « exercices militaires successifs en mer Baltique », les « tentatives d’interception » de navires russes, ainsi que les arrestations de navires russes et les exercices militaires occidentaux en général.

Sur le rapport de forces, le président russe a situé l’hypothèse d’un affrontement direct avec l’Otan. L’Alliance disposerait alors d’un avantage numérique ; les forces russes seraient moins nombreuses. Il a parallèlement revendiqué des capacités dont aucune autre puissance ne posséderait aujourd’hui l’équivalent. Reconnaissant le statut nucléaire de Paris et de Londres — « La France et la Grande-Bretagne sont des puissances nucléaires. Nous le comprenons parfaitement et nous en avons conscience » —, il a ajouté : « Mais personne ne dispose aujourd’hui des mêmes moyens de destruction que la Russie. » Ces capacités sont présentées comme un « avantage concurrentiel » de Moscou.

Au-delà de l’enclave, Poutine a livré une lecture plus large. « Le monde est à un tournant de son évolution », a-t-il estimé, jugeant la poursuite des conflits internationaux « malheureusement, très probable » dans les prochaines années. Les bouleversements en cours alimenteraient « les ambitions et la volonté de prendre des risques » pour des gains jugés considérables. Sur le nucléaire : « Pouvons-nous être certains que cette arme ne sera jamais utilisée ? Bien sûr que non. Nous devons garder cela à l’esprit et l’éviter. » Les technologies, a-t-il estimé, peuvent conduire à « une destruction mondiale » ; il a appelé à réfléchir aux moyens de préserver la sécurité internationale et d’éviter des « scénarios catastrophiques ». La situation mondiale finira selon lui par s’améliorer à mesure que ce qu’il qualifie d’« hégémonie occidentale » s’affaiblira.

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