Pompiers : campement à la tour Eiffel et défilé mardi à Paris

Au pied de la tour Eiffel, sur le Champ-de-Mars, des sapeurs-pompiers mettent en place ce dimanche 27 septembre un campement. Sous l’étiquette d’une « colonne de renfort » vers Paris, les syndicats entendent, selon la formule de SUD Sdis, mener « trois jours pour défendre nos métiers, trois jours pour défendre notre sécurité civile », avec pour objectif d’obtenir « des moyens et de vraies réponses ».

Lundi, une déambulation doit traverser la capitale. Mardi, les pompiers rejoindront le cortège de la fonction publique, lancé par une large intersyndicale qui réclame une revalorisation des rémunérations et des moyens budgétaires.

Neuf syndicats représentatifs ont déposé un préavis de grève dès le 8 septembre ; il court jusqu’à l’examen du projet de financement, programmé le 20 octobre. Volontaires comme professionnels revendiquent des embauches, une protection accrue de leur santé et un recentrage des missions. Banderoles, aimants et inscriptions sur les véhicules se sont multipliés, tandis qu’élus et conseils départementaux étaient interpellés.

Depuis janvier, environ 98 000 hectares sont partis en fumée, niveau sans précédent depuis cinquante ans ; un pyrocumulonimbus a par ailleurs été observé pour la première fois en France. Huit pompiers sont morts en intervention, toutes missions confondues, d’après la Fédération nationale des sapeurs-pompiers. Les services ont traité 19,9 millions d’appels et conduit 4,89 millions d’interventions ; les secours à la personne représentent plus de trois quarts de l’activité.

Présentée en première synthèse le 8 septembre, la proposition de loi dite de modernisation de la sécurité civile concentre les critiques. Pour Frédéric Monchy (SNSPP-PATS), le texte « ne satisfait personne », fait « l’unanimité contre lui » et est « fait pour être auto-sabordé ». Mardi, ce syndicat tiendra une journée de solidarité envers les sinistrés du Porge, en Gironde : le mégafeu de juillet y a ravagé 183 maisons.

L’Andsis, Association des directeurs de services départementaux d’incendie et de secours, considère que le texte « n’apporte pas les réponses structurelles qu’appellent pourtant l’évolution des risques et menaces, l’intensification des crises et la sollicitation croissante des services d’incendie et secours ». Elle relève un « décalage significatif » avec le « diagnostic partagé » né des mois de concertation sur « les vulnérabilités du modèle français de sécurité civile », et estime que « les questions essentielles telles que la soutenabilité financière du modèle, l’adaptation au changement climatique, l’absence de maîtrise de l’évolution du secours d’urgence aux personnes, la clarification des responsabilités entre acteurs ou encore l’attractivité et la fidélisation des personnels demeurent sans réponse adaptée ».

Le volet financier doit figurer dans le projet de loi de finances. Hors l’effort d’économies de 54 milliards d’euros prévu pour 2027, « on ne sait rien » des pistes nouvelles destinées aux services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), indique Frédéric Monchy. Seuls sont connus à ce stade l’assiette, le taux et le fléchage de la taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) frappant les contrats automobiles, dont une part revient aux départements pour les sapeurs-pompiers.

« L’attente est très forte » et « le mouvement de grève est suivi », observe Adrien Legue (Avenir Secours), qui signale parfois « 100 % » de grévistes dans certaines casernes ; les réquisitions évitent toute rupture des secours. Depuis le 8 septembre, la direction de la Sécurité civile enregistre en moyenne 2 682 pompiers professionnels grévistes chaque jour, soit 9,3 % des effectifs globaux.

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