Dans un ouvrage d’une grande densité intellectuelle, Philippe Arnon dresse le diagnostic d’une civilisation occidentale en décomposition et plaide pour une métanoïa spirituelle.
Préfacé par Guillaume de Thieulloy, l’ouvrage de Philippe Arnon appartient à cette catégorie d’essais qui bousculent les certitudes convenues pour affronter la réalité de notre effondrement civilisationnel. L’auteur pose un constat central : la crise contemporaine n’est ni un simple dérèglement politique ni une difficulté économique passagère, mais la manifestation d’un mal spirituel profond qui touche à l’âme de l’homme occidental.
Pour étayer sa thèse, l’ouvrage remonte au Moyen Âge, décrit comme la seule période historique où les hommes ont été unis par une « extase spirituelle collective ». Cette période se caractérisait par une convergence des esprits vers le transcendant. L’auteur en rappelle les manifestations historiques majeures :
- L’élan populaire des croisades, incarné par le cri rassembleur « Dieu le veut ! » lors du prêche d’Urbain II en 1095.
- L’édification des cathédrales, où l’art et l’architecture – à l’image des recherches de l’abbé Suger sur la lumière divine – exprimaient l’humilité et la ferveur des bâtisseurs anonymes.
- L’épopée de Jeanne d’Arc, perçue comme l’illustration d’une intervention divine au service du salut de la Nation.
L’essai retrace ensuite le processus de dissolution de cette unité. Philippe Arnon pointe les faiblesses institutionnelles et la corruption de la hiérarchie ecclésiastique, la rupture de la Réforme protestante en 1520, puis le glissement anthropocentrique opéré par l’humanisme de la Renaissance. Ce repli de l’homme sur lui-même s’est poursuivi avec le rationalisme cartésien (Cogito ergo sum), la déchristianisation à marche forcée sous la Révolution française, les lois de sécularisation de 1905, ainsi que la montée du positivisme d’Auguste Comte et du libéralisme consumériste.
Arnon démontre clairement à quel point l’expulsion progressive de Dieu du champ social a laissé un vide existentiel immense que la modernité a rempli par un ensemble de dérives. L’essai recense minutieusement les symptômes de cette crise, de l’augmentation de la violence urbaine jusqu’à l’effondrement démographique.
Mais Philippe Arnon ne s’arrête pas au constat – et c’est l’une des forces de cet ouvrage -, il esquisse un programme de redressement structuré baptisé le « Grand Déblaiement ». Ce projet s’articule autour de trois piliers principaux :
- La désislamisation et la préservation identitaire, appuyées sur l’interdiction de l’islam en tant que système politique et l’exécution stricte des mesures d’éloignement du territoire national.
- Le ressaisissement moral et institutionnel, passant par la restauration de l’autorité parentale, la réforme de la magistrature et l’abandon des lois sociétales jugées déconstructrices.
- Une refonte économique, visant à éradiquer la spéculation financière du capitalisme en transformant les entreprises en coopératives gérées directement par leurs salariés – c’est peut être sur ce point que l’ouvrage troublera les lecteurs de droite.
Concluant qu’un simple programme politique ne saurait suffire à enrayer la chute, l’auteur achève son ouvrage sur un appel vibrant au réveil spirituel. Selon Philippe Arnon, seule une prise de conscience collective, soutenue par le renouveau de la prière et la redécouverte de la beauté transcendantale, permettra à la France d’accomplir un miracle et de retrouver son identité profonde.
Par la radicalité de ses analyses et la rigueur de sa perspective historique, Plus que Dieu désormais ! s’impose comme une contribution majeure au débat sur le destin de la civilisation occidentale. Un livre exigeant et salutaire qui réinterroge avec force la place du sacré au cœur de la cité.
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