Plainte d’un lycéen de Belfort contre un policier dépaysée à Vesoul

Le parquet général de Besançon a fait savoir que la plainte pour tentative de meurtre déposée par un adolescent de 17 ans à l’encontre d’un policier a été adressée mardi au parquet de Vesoul.

Olivier Caracotch, procureur général près la cour d’appel de Besançon, a indiqué à l’AFP que cette plainte, qui vise le fonctionnaire « et sa chaîne de commandement », avait été « transmise pour compétence au parquet de Vesoul », l’enquête étant « susceptible d’impliquer (…) un fonctionnaire de police habituellement, de par ses fonctions, en relation avec les magistrats du parquet de Belfort ». Il a jugé cette décision « assez habituelle dans ce type de contentieux », en soulignant qu’elle « ne présume en rien du sérieux des charges pouvant peser sur l’intéressé ».

Les faits se sont déroulés vendredi à Belfort, en marge d’une mobilisation lycéenne. L’avocat de l’adolescent, Arié Alimi, affirme que le chef du renseignement départemental aurait cherché à noyer le jeune homme au moment d’une interpellation près d’un ruisseau, après l’avoir reconnu comme l’auteur de jets de projectiles et d’incendies de poubelles.

Des images de la scène, mises en ligne, ont suscité la controverse. Filmées de loin et en partie occultées par la végétation, elles ne permettent pas de déterminer avec certitude si la tête du lycéen a été plongée dans le cours d’eau.

Paul-Edouard Lallois, procureur de la République de Belfort, a rapporté que le mis en cause, interrogé en garde à vue sur une possible tentative de noyade, avait nié les faits. Me Alimi rejette ce récit et accuse le magistrat de mensonge.

Lundi, sur X, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a apporté son « soutien » au procureur Lallois, qui « fait son travail, à savoir poursuivre et diriger des enquêtes, avec impartialité et professionnalisme ».

D’après M. Lallois, une fois la tentative d’interpellation engagée, le fonctionnaire a été jeté au sol et frappé par plusieurs personnes, parmi lesquelles le lycéen d’abord appréhendé qui avait réussi à s’enfuir. Mis en examen pour « violences aggravées » sur un agent de la police nationale, ce dernier a été écroué. Sa défense a formé un appel, que la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Besançon examinera le 14 octobre, a indiqué le parquet général.

Pour la même qualification, un second adolescent de 15 ans a également été mis en examen ; il a été laissé libre sous contrôle judiciaire.

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Le Journal des Francais