Pêcheurs bloquent Sète, Frontignan et Nice avant une réunion à Paris

Avant d’être reçus à Paris par la ministre de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, des pêcheurs ont engagé des blocages dès l’aube du jeudi 17 septembre à la raffinerie de Frontignan, au port de Sète (Hérault) et au port de Nice.

Dans l’Hérault, la police évalue entre 150 et 200 le nombre de pêcheurs qui, depuis 03h00, ferment les accès de la raffinerie de Frontignan. Parallèlement, une trentaine de bateaux tiennent immobilisé le port de Sète. Des palettes ont brûlé ; des forces de l’ordre sont présentes. Du côté de Nice, où environ six petites embarcations occupaient le plan d’eau — surtout de plaisance, avec aussi des liaisons ferry —, le calme prévalait.

« Nous menons une action symbolique », a précisé à l’AFP Ange Natoli, représentant des pêcheurs de l’Hérault, en partance pour Paris. Mercredi, le ministère a indiqué qu’à 11 heures les délégués de la profession seraient accueillis pour examiner quelles réponses apporter et pour dresser le bilan de l’appui de l’exécutif.

Selon les relevés officiels, le gazole dépassait jeudi matin 2,37 euros le litre en moyenne, tout près du pic un peu supérieur à 2,38 euros. Le SP95-E10 s’établissait en moyenne à 2,16 euros le litre ; le SP98 gravitait autour de 2,25 euros.

Sébastien Lecornu a chargé mercredi ses ministres de prolonger jusqu’au 31 décembre les aides ciblées destinées aux secteurs exposés à la hausse des prix. Pour la pêche, le soutien passe de 25 à 35 centimes par litre — plafond autorisé par la Commission européenne —, ont précisé les services du Premier ministre.

Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale, a demandé jeudi que soit prolongée l’aide aux grands rouleurs, actuellement limitée au 30 septembre. D’après le gouvernement, plus de 1,1 million de personnes l’ont déjà touchée ; près de 1,5 million d’ayants droit potentiels n’ont pas encore déposé de demande.

« La situation peut s’aggraver », a alerté jeudi matin sur LCI le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, en citant les tensions dans le détroit d’Ormuz et en mer Rouge, le dérèglement climatique et le niveau des taux d’intérêt, qui créent selon lui « des contraintes extrêmement fortes ».

Patrick Martin, président du Medef, a estimé jeudi que prolonger les aides ciblées jusqu’au 31 décembre restait « dans la limite des capacités budgétaires » du gouvernement, en visant ceux qui ont « dégradé les finances publiques » ces dernières années et en citant notamment « la suspension de la réforme des retraites qui pompe six milliards d’euros dans les caisses de l’État ».



Le Journal des Francais