Florent M., tatoueur âgé de 54 ans, poursuivi pour viols et agressions sexuelles visant seize de ses clientes, est mort le vendredi 11 septembre. Dans un message adressé à l’AFP, la procureure de Saint-Omer, Annelise Cau, a fait savoir : « Je vous confirme le décès de l’accusé ce matin, ce qui entraîne de facto l’extinction de l’action publique. La cour criminelle devra se réunir à nouveau pour la constater ».
Ouvert le 4 septembre devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, le procès devait prendre fin ce vendredi. Il a été reporté jeudi à une date non fixée, après que l’intéressé a tenté de se pendre, le matin même, au centre pénitentiaire de Longuenesse, près de Saint-Omer. La présidente de la cour avait alors annoncé son transfert dans un coma profond vers le CHU de Lille.
Père de trois enfants, placé en détention provisoire depuis près de trois ans, il répondait de cinq viols et de onze agressions sexuelles, faits survenus entre 2006 et 2023 dans l’exercice de son métier. La peine encourue pouvait atteindre vingt ans de réclusion. Dès le début des débats, il avait tout nié ; au fil des témoignages de ses anciennes clientes, il a ensuite admis une partie des faits.
Le parquet d’Arras a indiqué vendredi qu’environ quarante personnes avaient dénoncé son attitude : les seize parties civiles du dossier, d’anciennes plaintes classées sans suite, ainsi que quatre femmes venues d’elles‑mêmes témoigner depuis l’ouverture de l’audience.
Emmanuel Riglaire, conseil d’une partie civile, a déclaré à l’AFP : « Le poids de la culpabilité est pour certains lourd à porter. Cacher ce poids, comme il l’a fait, n’a donc fait que le rendre insupportable ». Pour Cyrille Pennel, avocat d’une autre plaignante, le ressenti de sa cliente demeure « partagé » entre « culpabilité », faute d’avoir voulu la mort de l’accusé, et « colère », faute d’avoir vu la procédure aller à son terme et son statut de victime pleinement reconnu.
Mathieu Strubbe, avocat de la défense, n’a pas donné suite vendredi aux demandes de l’AFP. Quant aux quatre personnes apparues depuis le début du procès, le procureur par intérim d’Arras, Adam Chodkiewiez, compte les contacter afin de vérifier si elles veulent être auditionnées par la police ou la gendarmerie, « ce qui est parfaitement légitime, quand bien même le mis en cause est décédé ».


