La scène est devenue familière. À chaque élection, à chaque crise, à chaque débat politique un peu sérieux, surgit la même procession : acteurs, réalisateurs, chanteurs ou écrivains viennent expliquer au pays comment il doit penser, voter et organiser son avenir. Toujours du même côté. Toujours avec les mêmes certitudes.
La campagne municipale parisienne n’échappe pas à la règle. Le candidat socialiste Emmanuel Grégoire a récemment dévoilé un comité de soutien rassemblant plusieurs figures du monde culturel : Agnès Jaoui, Cédric Klapisch, Laure Calamy, Denis Podalydès ou encore Sara Giraudeau. À leurs côtés figurent également des personnalités « intellectuelles » comme « l’historien » gauchiste Patrick Boucheron, l’écrivain Laurent Gaudé ou le photographe Raymond Depardon.
La liste n’est pas encore complète, mais l’esprit est déjà parfaitement clair.
Une tradition bien installée
Rien de nouveau dans ce rituel. Depuis des décennies, une partie du monde culturel français se mobilise régulièrement pour soutenir les mêmes orientations politiques : celles de la gauche progressiste, écologique ou socialiste.
En 2014 déjà, Anne Hidalgo – de sinistre mémoire – avait reçu le soutien de centaines de personnalités culturelles et médiatiques. Le phénomène n’a jamais vraiment changé : les mêmes milieux, les mêmes signatures, les mêmes tribunes, les mêmes appels à voter « du bon côté ».
Le cinéma français, largement subventionné par l’argent public, constitue d’ailleurs l’un des milieux où ce consensus idéologique est le plus visible. Les prises de position y sont rarement diverses. Le pluralisme politique n’y brille pas par son audace.
L’étrange paradoxe de l’artiste engagé
Le paradoxe frappe pourtant l’observateur. Beaucoup de ces figures vivent dans des quartiers parmi les plus privilégiés du pays, fréquentent des cercles sociaux très fermés, et mènent des existences très éloignées de celles de la majorité des Français.
Les difficultés du quotidien — sécurité, logement, transports saturés, pression fiscale — appartiennent souvent à un univers dont ils parlent beaucoup mais qu’ils expérimentent peu.
Cela ne les empêche pourtant pas de distribuer les consignes. Depuis les plateaux de cinéma, les festivals ou les studios d’enregistrement, ils expliquent avec une remarquable assurance ce que le « peuple » devrait penser de l’immigration, de l’économie, de la sécurité ou de l’écologie.
Le peuple, lui, est rarement invité dans ces cercles.
Une influence culturelle plus qu’électorale
Reste une question essentielle : ces prises de position influencent-elles réellement les électeurs ?
Rien n’est moins sûr. Les études d’opinion montrent depuis longtemps que l’impact des célébrités sur le vote reste limité. Les Français peuvent apprécier un acteur ou un réalisateur sans pour autant adopter ses positions politiques.
Mais l’effet est ailleurs. Il se situe dans la fabrication d’un climat culturel, d’un discours dominant où certaines idées deviennent automatiquement « vertueuses » et d’autres immédiatement suspectes.
Dans ce paysage, l’artiste engagé ne se contente pas de soutenir un candidat. Il participe à une mise en scène morale où la politique se transforme en théâtre, et où les rôles sont distribués d’avance.
Deux France qui ne se rencontrent plus
Au fond, ce phénomène révèle surtout une fracture culturelle.
D’un côté, une élite artistique persuadée d’incarner la conscience morale du pays.
De l’autre, une population qui observe ces prises de position avec un mélange d’ironie, de lassitude ou d’indifférence.
Deux univers qui parlent du peuple, mais qui ne vivent pas dans le même monde.
Et c’est peut-être là le vrai problème : quand ceux qui prétendent représenter la société passent l’essentiel de leur temps à distance d’elle, leurs sermons finissent par ressembler à ce qu’ils sont souvent devenus — le bruit de fond d’un entre-soi persuadé d’avoir toujours raison.
Depuis 1789, la gauche n'a de cesse en France que de pousser son agenda de déconstruction, avec les dégâts catastrophiques que l'on connaît sur la famille, les saines valeurs, et l'état général de la France. Il est donc très important de suivre au plus près ce que fait et ce que dit la gauche, dans tous ses avatars.
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