La Mission permanente de la France auprès des Nations unies à Genève a exprimé vendredi 11 septembre ses « regrets » au sujet d’un message publié le 25 juillet sur X, qui mettait en cause l’engagement des États-Unis en faveur des droits humains. La déclaration intervient alors que Washington retardait l’agrément du nouvel ambassadeur de France, Aurélien Lechevallier.
Dans un communiqué paru seulement en anglais, la mission a assuré que la France et les États-Unis avaient « récemment adopté des positions divergentes lors d’un vote à l’Assemblée générale des Nations unies ». « Cette divergence portait sur un seul vote et ne concernait pas la défense des droits humains », indique le texte. Il ajoute : « Les divergences d’opinion publique sur un vote ne font pas obstacle à un dialogue étroit avec les États-Unis et ne remettent pas en cause notre alliance historique, ni notre capacité à œuvrer ensemble pour promouvoir la paix, la stabilité et la prospérité, y compris au sein des instances multilatérales ».
Un responsable du département d’État a déclaré samedi 12 septembre à l’AFP, sous couvert d’anonymat : « Nous prenons note de la déclaration de la France et l’apprécions ; nous nous réjouissons de collaborer avec elle pour promouvoir nos valeurs et nos intérêts communs ».
Aurélien Lechevallier, directeur de cabinet du ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot, doit remplacer Laurent Bili. Après le message de juillet, le département d’État américain avait bloqué la procédure d’agrément. En France, le président nomme les ambassadeurs ; pour exercer ses fonctions, le titulaire doit aussi recevoir l’agrément du pays hôte. S’agissant d’un ambassadeur de France aux États-Unis, cette étape est d’ordinaire une formalité.
En juillet, les États-Unis avaient été l’un des dix pays à voter contre le renouvellement pour quatre ans du mandat du Haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’Homme, Volker Türk. La représentation française avait alors écrit sur X : « Les États-Unis étaient autrefois un modèle en matière de droits humains. Ce n’est plus le cas ». Le 27 juillet, les États-Unis avaient quitté une réunion du Conseil de sécurité pour dénoncer des commentaires « hypocrites » de la France, au moment où l’ambassadeur Jérôme Bonnafont prenait la parole.
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