Pâques et Pessah en France sous menace terroriste

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Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a demandé aux préfets ainsi qu’aux responsables de la police et de la gendarmerie de faire preuve d’une « extrême vigilance » à l’approche des fêtes de Pâques et de Pessah, dans un contexte sécuritaire jugé préoccupant.

Dans un télégramme adressé aux autorités locales, il souligne que ces célébrations religieuses interviennent dans un climat marqué par un « regain très net de tensions au plan international » et par un niveau « élevé » de la menace terroriste sur le territoire français.

Un contexte international et sécuritaire tendu

Les autorités mettent en avant la concomitance de plusieurs facteurs de risque. D’une part, les tensions géopolitiques persistantes, notamment depuis les événements du 7 octobre 2023, continuent d’avoir des répercussions en Europe. D’autre part, les services de renseignement estiment que la menace terroriste demeure significative en France.

Dans ce contexte, les rassemblements religieux, qui attirent un public nombreux à des horaires identifiés, sont considérés comme des cibles potentielles nécessitant une attention particulière.

Des fêtes religieuses concentrant des rassemblements importants

Le calendrier des célébrations accentue cette vigilance. La fête juive de Pessah se déroule du soir du 1er avril au 9 avril. Pâques, célébrée par les catholiques et les protestants le dimanche 5 avril, donne lieu à des offices dès la veille au soir. Les orthodoxes, de leur côté, célèbrent la résurrection le 12 avril.

Ces différentes dates impliquent une mobilisation prolongée des forces de sécurité sur plusieurs jours, avec des afflux de fidèles dans les lieux de culte.

Une hausse durable des actes antisémites

Le ministère de l’Intérieur s’appuie également sur les données du renseignement territorial pour justifier ce renforcement des mesures. En 2025, 1320 actes antisémites ont été recensés, un niveau qualifié d’historiquement élevé.

Bien qu’en baisse de 16 % par rapport à l’année précédente, ces chiffres restent supérieurs à ceux observés sur les vingt-cinq dernières années, confirmant une tendance durable à la hausse depuis 2023. Ces actes représentent à eux seuls 53 % de l’ensemble des faits antireligieux enregistrés.

Une progression des actes antichrétiens

Les actes visant les chrétiens sont également en augmentation. En 2025, 843 faits ont été recensés, soit une hausse de 9 % sur un an.

Cette progression contribue à renforcer l’inquiétude des autorités, qui considèrent que l’ensemble des lieux de culte, quelle que soit leur confession, doivent faire l’objet d’une surveillance accrue.

Une mobilisation renforcée des forces de sécurité

Face à ces éléments, le ministre demande aux préfets de concentrer leur attention sur les offices et les rassemblements susceptibles d’attirer un grand nombre de participants.

Les dispositifs de sécurité doivent être adaptés en conséquence, avec une présence visible des forces de l’ordre, des contrôles renforcés et une coordination étroite avec les responsables religieux.

L’objectif affiché est de prévenir tout incident et d’assurer le bon déroulement des célébrations dans un contexte jugé particulièrement sensible.

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