Opération « Overlord » : des patriotes britanniques s’invitent sur les plages françaises

Photo : Óglaigh na hÉireann / Creative Commons

L’arrestation de deux militants britanniques près de Calais, dimanche soir, n’est qu’un épisode parmi d’autres d’une affaire plus vaste : l’opération dite « Overlord », mouvement d’activistes patriotes britanniques décidés à empêcher, par leurs propres moyens, les traversées clandestines de la Manche.

Derrière ce nom emprunté à l’histoire militaire (Overlord, c’est le nom de code du débarquement en Normandie) se dessine une réalité contemporaine : celle d’un État défaillant dans sa mission régalienne, et d’une Europe devenue incapable de contrôler ses frontières sans provoquer, en retour, des opérations citoyennes.

Une initiative née hors de France

L’opération « Overlord » a été lancée par Daniel Thomas, militant britannique issu de la mouvance « Raise the colours », un groupe déjà connu des autorités françaises. Le principe est simple : se rendre sur les plages du Nord et du Pas-de-Calais pour surveiller les départs d’embarcations de migrants, signaler leur présence, voire les empêcher matériellement.


Il s’agit d’« assistance citoyenne », comme le pratiqua jadis Génération Identitaire en montagne.

Des vidéos qui assument la confrontation

Les deux militants interpellés diffusaient en direct leurs actions sur YouTube. On les y voit arpenter le littoral, commenter les mouvements nocturnes, appeler d’autres volontaires à les rejoindre. L’un d’eux va jusqu’à évoquer la destruction des embarcations si l’occasion se présente.

Ces propos ont suffi à motiver des poursuites pour « provocation à la haine » et « participation à un groupement en vue de préparer des violences », même si aucune agression n’a été constatée à ce stade.

Interdictions administratives et bricolage sécuritaire

Face à cette agitation, les préfectures ont opté pour une solution devenue classique : interdire les rassemblements. Dix militants britanniques ont été frappés d’interdiction de territoire, des arrêtés préfectoraux ont prolongé l’interdiction de toute manifestation liée à « Overlord », et la surveillance policière a été renforcée.

Mais ces mesures traitent les symptômes, pas la cause. Tant que les traversées se poursuivent – plus de 41.000 arrivées au Royaume-Uni en 2025 – les initiatives parallèles continueront d’apparaître, sous des formes plus ou moins radicales.

Une frontière devenue zone grise

Le littoral de la Manche concentre aujourd’hui une situation paradoxale :
– des réseaux de passeurs structurés, rentables et rarement démantelés en profondeur ;
– des forces de l’ordre contraintes par des règles juridiques strictes ;
– des associations humanitaires omniprésentes ;
– et désormais, des activistes étrangers qui estiment devoir suppléer les États.

Ce mélange explosif transforme une région entière en laboratoire du désordre migratoire européen.

Le véritable message d’« Overlord »

L’opération ne constitue pas seulement une provocation idéologique. Elle envoie un message politique clair : quand la puissance publique renonce à exercer pleinement sa souveraineté, certains tenteront de la remplacer, sans mandat et sans contrôle.

C’est moins une victoire des patriotes qu’un aveu d’échec pour les gouvernements occidentaux.

Et tant que les frontières resteront des lignes théoriques plutôt que des réalités effectives, d’autres « Overlord » finiront par surgir, sous des noms différents, avec des méthodes peut-être plus dangereuses.

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