L’association Sites et Monuments, présidée par Julien Lacaze, a franchi une nouvelle étape décisive pour protéger le patrimoine de Notre-Dame de Paris. Mardi 5 mai 2026, elle a déposé un référé-liberté afin d’empêcher le retrait des vitraux d’Eugène Viollet-le-Duc, classés au titre des Monuments Historiques, et leur remplacement par des œuvres contemporaines de l’artiste Claire Tabouret.
Une action urgente face à un projet destructeur
Devant la cathédrale, Julien Lacaze a annoncé publiquement cette procédure en justice : « Je me trouve devant Notre-Dame pour vous annoncer le dépôt de notre référé pour tenter de nous opposer au retrait des vitraux classés au titre des monuments historiques. » Derrière lui, les échafaudages déjà installés confirment que les travaux de dépose sont imminents. L’association, qui défend depuis longtemps le patrimoine naturel et bâti, dénonce une atteinte irrémédiable à l’intégrité historique de l’édifice.
En janvier 2026, Sites et Monuments avait déjà saisi le tribunal administratif de Paris pour demander l’annulation de la délégation accordée à Philippe Jost et du contrat passé avec le groupement de Claire Tabouret le 30 décembre 2024. Ce nouveau référé vise à obtenir une suspension en urgence des opérations avant qu’il ne soit trop tard.
Viollet-le-Duc sacrifié sur l’autel de la « trace contemporaine »
Eugène Viollet-le-Duc, grand restaurateur du XIXe siècle, avait conçu ces vitraux dans le respect de l’esprit médiéval de la cathédrale. Ils font partie intégrante de la restauration historique de Notre-Dame. Les remplacer par des créations contemporaines, même si elles sont signées d’une artiste renommée, constitue selon l’association une rupture brutale avec la cohérence patrimoniale du monument.
Pourtant, Emmanuel Macron et l’archevêque de Paris, Mgr Laurent Ulrich, avaient assumé ce choix lors de la réouverture de la cathédrale en décembre 2024, estimant nécessaire de « laisser une trace contemporaine » après l’incendie de 2019. Pour Sites et Monuments, ce discours masque mal une mode idéologique qui privilégie le geste d’auteur moderne au détriment de la mémoire collective et de l’harmonie architecturale.
Protéger l’âme de Notre-Dame pour les générations futures
En agissant ainsi, l’association Sites et Monuments ne défend pas seulement quelques panneaux de verre : elle défend l’idée même que les monuments historiques ne sont pas des supports vierges sur lesquels chaque pouvoir politique ou artistique peut apposer sa signature. Notre-Dame appartient à l’histoire de France et à tous les Français, pas à une vision contemporaine éphémère.
Le combat judiciaire ne fait que commencer. En saisissant le juge des référés, Sites et Monuments espère obtenir une suspension immédiate des travaux et, à terme, la préservation définitive des vitraux de Viollet-le-Duc. C’est tout l’héritage de la cathédrale gothique la plus célèbre du monde qui est en jeu.


