Le Parquet national financier (PNF) a confirmé mercredi avoir requis un non-lieu en faveur d’Alexis Kohler dans le cadre de l’enquête pour prise illégale d’intérêts portant sur ses relations familiales avec l’armateur MSC.
Selon le PNF, ces réquisitions ont été « rendues et signées » le 31 août. Il appartient désormais au juge d’instruction de trancher : s’aligner sur cette position et clore l’affaire, ou renvoyer M. Kohler devant un tribunal.
Âgé de 53 ans et mis en examen depuis 2022, Alexis Kohler occupe aujourd’hui le poste de directeur général adjoint de la Société générale. Proche d’Emmanuel Macron, il avait d’abord dirigé son cabinet au ministère de l’Économie, avant d’exercer les fonctions de secrétaire général de l’Élysée de 2017 à 2025.
Il lui est reproché d’avoir, en tant que haut fonctionnaire, pris part à diverses décisions touchant le groupe franco‑italien MSC, dont la direction est assurée par la famille Aponte, cousins de sa mère. De 2009 à 2012, il siégeait pour l’Agence des participations de l’État (APE) au conseil d’administration du Grand port maritime du Havre ainsi qu’à celui de STX France, devenu Les Chantiers de l’Atlantique — deux entités liées commercialement à MSC. De 2012 à 2016, il a ensuite intégré les cabinets de Pierre Moscovici puis d’Emmanuel Macron à Bercy.
En juillet, la cour d’appel de Paris a estimé prescrits l’ensemble des faits antérieurs à 2014, ce qui a restreint le périmètre du dossier. Les poursuites pour complicité visant Bruno Bézard et Jean‑Dominique Comolli, deux autres hauts fonctionnaires, ont dès lors été abandonnées.
Contacté, Alexis Kohler n’a pas fait de commentaire dans l’immédiat.
Me Jean‑Baptiste Soufron, qui représente l’association Anticor, partie civile, a réagi ainsi : « Depuis le début de ce dossier, où l’on a déploré l’intervention directe du chef de l’État, le parquet s’oppose à ce qu’un juge et un tribunal indépendants puissent en avoir connaissance ».
À plusieurs reprises, Emmanuel Macron avait fait état de sa « confiance » envers celui qui était alors son secrétaire général. Au milieu de l’année 2019, il avait transmis au PNF une « note personnelle » affirmant que M. Kohler, durant ses fonctions de directeur de cabinet à Bercy, n’était jamais intervenu sur des dossiers en lien avec MSC.


