À New York, Benjamin Netanyahu prend la parole jeudi 24 septembre devant l’Assemblée générale des Nations unies. Le Premier ministre israélien, plongé dans la campagne des législatives fixées au 27 octobre, ne fait qu’une brève halte aux États-Unis.
Cette troisième journée de débats place le conflit israélo-palestinien au premier plan. Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, s’exprime en visioconférence : Washington lui a refusé le visa.
M. Netanyahu s’apprête à fustiger l’ONU, qu’il juge hostile à Israël, et à viser l’Iran. Avant de partir, il a affirmé : « Je viens à l’ONU, je vais dire la vérité sur nos soldats héroïques et je vais dire la vérité à votre sujet ». Il s’en prend aussi au maire de New York, Zohran Mamdani, qu’il accuse de soutenir le Hamas. Le maire a reproché au chef du gouvernement un « génocide ». Plus tôt dans l’année, M. Mamdani avait envisagé de le faire interpeller pendant le sommet onusien, puis concédé qu’il ne pouvait pas appliquer le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale contre M. Netanyahu pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.
Le Premier ministre israélien devrait également évoquer l’attaque à la voiture-bélier survenue mercredi en Cisjordanie, qui a grièvement blessé un soldat, le fils de Yechiel Leiter, ambassadeur d’Israël aux États-Unis.
À la tribune onusienne, plusieurs dirigeants étrangers ont, cette semaine, blâmé la politique d’Israël. Emmanuel Macron a jugé intenable la situation humanitaire à Gaza en déclarant : « Quelle est notre crédibilité si nous continuons de rester inactifs face à Gaza ? » Le président français a aussi condamné le comportement israélien en Cisjordanie, territoire où, selon lui, le « Hamas n’a jamais sévi ».
Jérusalem a répliqué en qualifiant ces paroles d’« absurdité grotesque ».
Mardi, Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU, a parlé du « spectre d’un nettoyage ethnique » en Cisjordanie. Depuis des mois, la France, le Royaume‑Uni et le Canada, aux côtés d’autres capitales occidentales, s’élèvent contre l’extension des colonies israéliennes sur ce territoire et ont adopté des sanctions.
Washington se dit opposé aux violences comme à toute annexion, sans pour autant blâmer Israël en public. Mercredi, répondant à l’AFP, le secrétaire d’État Marco Rubio a insisté : « la dernière chose dont Israël ou la région ont besoin, c’est une crise supplémentaire ou d’un point de friction additionnel ».
Après l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le gouvernement israélien a accéléré la colonisation en Cisjordanie. Comme l’an passé, la mission palestinienne à l’ONU prévoit de quitter la salle pendant le discours de Benjamin Netanyahu. Parmi ses premières décisions au retour à la Maison Blanche, Donald Trump a levé les sanctions qui frappaient les colons.
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