Municipales 2026 : candidature de Sarah Knafo à Paris

Capture BFMTV

Sarah Knafo, députée européenne de Reconquête et compagne d’Éric Zemmour, vient d’annoncer qu’elle serait tête de liste à Paris pour les municipales de mars 2026. Une annonce qui surprend autant qu’elle intrigue, tant sur le fond que sur les implications pour l’échiquier politique national.

Depuis plusieurs mois, Sarah Knafo laissait entendre qu’elle pouvait envisager ce rôle. Mais rares étaient ceux qui misaient réellement sur une candidature. Paris n’est pas n’importe quel terrain. La capitale reste, historiquement, un bastion difficile pour les formations hors du cadre mou.

Pour la figure de Reconquête, il ne s’agit pas simplement de viser une mairie. Il est évident que cette campagne est pensée comme un levier politique national, dans la continuité de ce qu’avait fait Jacques Chirac pendant ses années Place de Grève. Elle l’a dit elle-même : elle « y va pour gagner ». Au-delà des mots, c’est une stratégie assumée pour donner une visibilité majeure à son mouvement, affaibli par les résultats récents, et pour tenter de dépasser des formations de droite plus établies.

Sur le papier, l’opposition est rude. Madame Knafo devra affronter des personnalités bien ancrées dans le paysage parisien : Emmanuel Grégoire, héritier politique d’Anne Hidalgo ; Rachida Dati, soutenue par Les Républicains ; ou encore les candidats de la macronie et du Rassemblement national. Un casting serré qui ne laisse aucune place à l’à-peu-près.

Ce qui frappe, c’est l’audace d’un tel pari dans une ville où la gauche a longtemps dominé. Paris n’est pas un fief provincial où un outsider peut espérer remodeler l’opinion sans affronter une machine politique bien huilée. Ici, chaque arrondissement vit au rythme de ses équilibres propres, de ses rivalités historiques, de ses clientèles électorales bien établies.

Mais pour Reconquête, cette candidature est presque devenue une nécessité. Passer la barre des 10 % au premier tour serait perçu comme un exploit, synonyme de seconde étape dans une dynamique électorale prometteuse. Et dépasser, pourquoi pas, le score escompté du Rassemblement national dans la capitale ? Cette hypothèse, osée mais pas irréaliste, cristallise autant l’ambition que la défiance des états-majors politiques.

Plus encore, certains observateurs voient dans la démarche de Sarah Knafo une manœuvre anticipée vers une primaire à droite ou même un positionnement en vue de la présidentielle à venir. Dans un paysage fragmenté, où les frontières traditionnelles entre droite et extrême droite s’estompent, Paris devient un laboratoire. Une victoire, même relative, ici, aurait un retentissement national disproportionné.

Cependant, un tel choix comporte des risques. S’exposer dans une campagne citadine intense, face à des forces bien implantées, peut aussi se retourner contre celui qui s’y aventure. Un score décevant pourrait relativiser l’aura de stratège que Sarah Knafo cultive depuis quelque temps.

En lançant sa candidature, elle a choisi de défier à la fois les partis établis et les analyses convenues. À Paris, là où la politique se joue souvent sur des subtilités locales, elle impose une vision ambitieuse et clivante. Il reste à voir si cette stratégie, aussi audacieuse soit-elle, saura convaincre les électeurs ou si elle ne restera qu’un épisode dans une carrière politique déjà haute en couleurs.

Un scrutin parisien qui promet d’être plus qu’une bataille locale : un moment charnière pour la recomposition de la droite française dans son ensemble. Une échéance que tous, au-delà des clivages, auront observée avec attention.

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