Dans l’enquête sur le décès de Quentin Deranque, militant de l’ultradroite lyonnaise âgé de 23 ans et mort en février à Lyon, cinq personnes supplémentaires ont été mises en examen ce jeudi 24 septembre. Au total, quatorze suspects sont désormais poursuivis dans ce dossier.
À la demande des trois juges d’instruction qui conduisent l’information judiciaire — ouverte pour meurtre, participation à une association de malfaiteurs et violences aggravées —, huit individus, dont au moins une femme, avaient été interpellés mardi dans l’agglomération lyonnaise. Trois d’entre eux ont été relâchés sans poursuite ; les cinq autres ont été déférés jeudi devant les magistrats.
Dans un communiqué, le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, indique qu’ils sont mis en examen pour « participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit ». Quatre d’entre eux le sont aussi pour « violences aggravées », retenues en raison de l’usage ou de la menace d’une arme, de l’action en réunion et de la dissimulation de tout ou partie du visage.
Une source proche du dossier a précisé à l’AFP que, à la différence des premiers mis en cause, ces personnes sont « soupçonnées d’avoir participé aux rixes, aux diverses violences du jour, mais pas d’avoir porté les coups mortels ». Le parquet a requis la détention provisoire pour trois d’entre elles et un contrôle judiciaire pour les deux restantes. Leur comparution devant le juge des libertés et de la détention se poursuivait en fin de journée.
Le 12 février, Quentin Deranque se trouvait aux côtés de militantes du collectif identitaire Némésis, venues protester contre une conférence de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Des militants d’ultragauche évoluaient à proximité, notamment issus de La Jeune Garde, mouvement antifasciste créé à Lyon en 2018 par le député LFI Raphaël Arnault et dissous depuis. Au cours d’affrontements entre les deux camps, le jeune homme s’était retrouvé isolé, au sol, sous les coups de plusieurs personnes cagoulées. Victime d’un traumatisme crânien, il est mort deux jours plus tard.
Pour meurtre ou complicité, neuf hommes alors âgés de 20 à 26 ans, liés à La Jeune Garde en tant que membres ou proches, ont été mis en examen les 17 et 18 février, puis le 4 mars. Figurent notamment parmi eux un ancien collaborateur de l’équipe du député Raphaël Arnault et un assistant parlementaire de ce dernier. Selon le procureur de Lyon, certains avaient reconnu avoir frappé tout en niant toute intention de tuer. Une minute de silence avait été observée le 17 février à l’Assemblée nationale.
Le parquet de Lyon a aussi ouvert une enquête préliminaire sur des violences commises le même jour par des militants d’ultradroite.


