La Collectivité territoriale de Guyane (CTG) a annoncé le décès de son président Gabriel Serville, survenu mercredi 30 septembre au CHU de Cayenne. Il avait 67 ans et luttait depuis plusieurs années contre un cancer.
Entre 2024 et 2025, des soins l’avaient tenu éloigné de ses responsabilités pendant plusieurs mois. Revenu d’une hospitalisation dans l’Hexagone, amaigri, il n’avait pas quitté son poste.
« Il y a quelques jours encore, nous échangions sur l’avenir de la Guyane. Gabriel Serville en parlait comme toujours : avec exigence, avec conviction, avec cette volonté de ne jamais laisser les intérêts des Guyanais au second plan », a déclaré sur X la ministre des Outre-mer Naïma Moutchou.
Emmanuel Macron, dans un communiqué présidentiel, a rendu hommage à « un homme soucieux de sa population, et surtout des plus jeunes et des plus fragiles. Sa fibre sociale était reconnue de tous », saluant aussi « un partenaire exigeant mais toujours respectueux ».
En Guyane, Gabriel Serville avait d’abord enseigné les mathématiques puis dirigé un lycée. L’élection à la présidence de la CTG, en 2021, l’avait conduit à renoncer à son siège de député de la première circonscription — mandat qu’il détenait depuis 2012 au sein du groupe Gauche démocrate et républicaine (GDR). De 2014 à 2017, il avait en parallèle été maire de Matoury, commune de plus de 30 000 habitants jouxtant Cayenne.
Après avoir quitté le Parti socialiste guyanais en 2017, il avait fondé l’année suivante le mouvement Peyi Guyane. L’autonomie du territoire était devenue son combat central ; il multipliait les rencontres avec les représentants de l’État.
Sur X, le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé que le développement guyanais, « son aménagement, la protection de son environnement et la lutte contre l’orpaillage illégal auront été au cœur de ses engagements ». Jean-Luc Mélenchon, dirigeant de La France insoumise, s’y est dit « très ému ». Marine Le Pen, présidente du groupe Rassemblement national à l’Assemblée nationale, a pour sa part évoqué un « élu engagé ».
Le député GDR de Guyane Jean-Victor Castor a salué auprès de l’AFP le « parcours politique » et « l’expérience » du disparu, dont la mort constitue selon lui « une perte » pour le département. Serge Smock, qui lui avait succédé à la mairie de Matoury, a réagi ainsi : « Il a marqué l’histoire municipale de notre ville ».
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