Mobilisation lycéenne : 256 000 à 450 000 personnes dans la rue

Photo : Le JDF

Selon le ministère de l’Intérieur, les cortèges du mouvement lycéen ont rassemblé mardi 6 octobre environ 256 000 participants en France, dont 56 000 dans la capitale. Les organisations lycéennes et étudiantes ont de leur côté évalué la participation à 450 000 personnes, dont 100 000 à Paris.

Au total, 488 personnes ont été interpellées dans la journée et 43 membres des forces de l’ordre ont été blessés, d’après le ministère. Le bilan cumulé depuis le 28 septembre s’élève à 6 547 interpellations ; vendredi, 1 700 avaient déjà été comptabilisées.

À l’issue du cortège parisien, le préfet de police Patrice Faure a, lors d’un point de presse, indiqué que 58 interpellations avaient eu lieu le matin dans l’agglomération parisienne et 32 l’après-midi à Paris même. Il a jugé ce total « assez peu », soulignant que « quand la manifestation est organisée, quand on définit un parcours (…), tout peut se dérouler dans le calme dans le respect de la Constitution, dans le respect des biens et des personnes ».

Le préfet a fait état de 14 blessés : douze manifestants, un pompier et un policier touché à la nuque par un pavé. Parmi les manifestants figure une personne « tombée de cinq mètres » depuis la statue de la place de la République. « Il est tombé tout seul en se mettant en danger en montant sur le monument », a précisé M. Faure, qui l’a dit « très gravement blessé ». Il a également rapporté « de nombreux jets de pierres, de pavés et de mortiers » d’artifice, à l’origine de dégradations sur quatre vitrines. « L’utilisation de ces mortiers est une donnée un peu nouvelle qui tend à vouloir s’installer dans la durée », a-t-il regretté.

En fin de manifestation à Paris, des heurts se sont produits, avec jets de projectiles, gaz lacrymogène et grenades assourdissantes. La préfecture de police avait auparavant fait état de « 300 individus hostiles ». Des tensions ont aussi été signalées à Lyon, Nantes, Rennes et Toulouse.

Le ministère de l’Éducation a recensé 891 lycées, sur 3 700, dont les cours ont été suspendus en totalité ou en partie. Près de 40 % des établissements publics d’enseignement supérieur ont connu des perturbations.

Devant les députés, le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé les élèves mobilisés à retrouver leurs établissements dès mercredi afin d’« avoir un temps de démocratie interne au sein du lycée », sous la forme d’une demi-journée banalisée sans cours. Christelle Kauffmann, du SNPDEN-Unsa, a répondu : « On ne sera pas en ordre de fonctionnement, d’autant que les établissements sont plus ou moins chahutés ». Emmanuel Macron devait s’entretenir en soirée avec plusieurs ministres.

L’Union syndicale lycéenne, l’Union étudiante et d’autres organisations lycéennes et étudiantes ont appelé à maintenir les blocages et à manifester de nouveau jeudi pour un « acte 4 ». Suzanne Nijdam, de la Fage, a estimé qu’« il faut un déblocage du budget ». Le mouvement met en cause l’insalubrité de certains bâtiments, le surpeuplement des classes, l’absence de remplaçants pour les professeurs et les inégalités liées à Parcoursup.

Jean-Luc Mélenchon, Bally Bagayoko, Marine Tondelier et Olivier Faure figuraient parmi les personnalités politiques présentes dans les cortèges.

Le Premier ministre a rappelé que, depuis le début du mouvement, 215 élèves et 85 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés, ainsi que plus de 715 policiers et gendarmes. Il a qualifié de « mensonge » l’idée d’« instructions politiques de répression policière ». Des enquêtes sont en cours sur les incidents impliquant des lycéens, notamment un lycéen de 15 ans dont la main a été arrachée par une grenade lundi à Lens, un lycéen de 16 ans qui a perdu l’usage d’un œil à Tours, et un adolescent de 14 ans touché à la mâchoire à Saint-Ouen-l’Aumône.

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