Mobilisation contre la vie chère : soixante interpellations à Paris

Samedi 17 octobre au matin, les autorités comptabilisaient déjà une soixantaine d’interpellations à Paris à 11 heures, dans le cadre d’une journée de mobilisation contre la « vie chère » portée par d’anciens gilets jaunes et des jeunes.

Des contrôles rigoureux ont été déployés afin d’appliquer les arrêtés bannissant toute manifestation dans certains quartiers de la capitale ; les forces de l’ordre sont aussi intervenues autour de deux cortèges non autorisés. Vingt et une de ces interpellations ont fait suite à une action menée devant le siège de CNews, marquée par des jets de projectiles et des vitres brisées : la préfecture de police précise que les agents sont alors intervenus pour disperser l’assistance.

Hors agglomération parisienne, d’autres incidents ont été signalés. Tôt samedi, un incendie a endommagé un bâtiment de la faculté de lettres de Rouen ; une source proche du dossier l’a qualifié d’« origine criminelle » au vu des premiers éléments recueillis. Des manifestants ont aussi visé un poste de police municipale à Marseille. Peu après 10 heures à Lyon, face à près de 300 personnes rassemblées devant l’université Lyon 3 et scandant « Siamo tutti antifascisti », les policiers ont eu recours à des grenades lacrymogènes pour disperser le groupe.

À Clermont-Ferrand, plusieurs centaines de participants — dont une forte proportion de jeunes — ont défilé derrière la banderole « une seule solution la révolution ». Environ 300 personnes se sont rassemblées à Guéret, dont un quart de lycéens. À Toulouse, les forces de l’ordre ont agi pour contrer des tentatives de blocage de trains et d’un rond-point. Des rassemblements se sont également tenus à La Rochelle, Valenciennes et Marseille, certains participants arborant un gilet jaune.

Sur RMC samedi, Agathe Le Berder, membre du bureau confédéral de la CGT, a déclaré : « Il faut que le gouvernement apporte des réponses politiques sur son budget, sur la question des salaires, sur le blocage des prix du carburant ». Le syndicat soutient les actions là où les « conditions seront réunies ».

Vendredi, depuis Bruxelles, Emmanuel Macron a lancé un appel « au calme ».

Diffusé sur le site 17octobregiletjaune.net, l’appel vise habitants des quartiers, ouvriers, paysans ou retraités, invités à occuper la rue, des ronds‑points, les abords de péages, de stations‑services ou d’axes de circulation. Quelque 1 500 actions, manifestations ou blocages étaient annoncés sur l’ensemble du territoire. Une source policière estimait à environ 150 000 le nombre de manifestants attendus hors de l’agglomération parisienne, et à près de 40 000 ceux prévus à Paris.

Le cortège parisien devait s’élancer à 14 h 30 place de la République, en direction de la place de Clichy. La préfecture de police a proscrit toute manifestation dans plusieurs zones jugées stratégiques, autour de Matignon et de l’Élysée comme sur les Champs‑Élysées. Des organisations lycéennes et étudiantes, qui réclament depuis plus d’une semaine une audience du Premier ministre, entendaient se rendre « jusqu’aux lieux de pouvoir » au centre de la capitale ; cette option n’a pas été autorisée.

L’entourage de Laurent Nuñez a indiqué que « des débordements sont anticipés dans les cortèges notamment parisiens et dans les grandes villes » et que « les actions de blocage sur des axes structurants et des équipements majeurs, importants, essentiels, ne seront pas tolérées ».

Parallèlement, une intersyndicale a convié salariés du privé et du public à la grève et aux manifestations le 5 novembre, notamment autour des salaires et des services publics. Marine Tondelier, cheffe des Écologistes, et Fabien Roussel, secrétaire national du Parti communiste, devraient figurer parmi les participants, aux côtés de nombreux députés LFI.

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