Ménopause : le gouvernement annonce une dizaine d’engagements

Plus de 17 millions de Françaises sont concernées par la ménopause. Jeudi, lors des premières Assises de la ménopause, tenues à Paris Santé Campus, le gouvernement a dévoilé une série d’environ dix engagements pour améliorer la prise en charge. La rencontre faisait suite à un rapport remis en 2025, au terme d’une mission alors confiée à Stéphanie Rist, devenue depuis ministre de la Santé.

La ministre y a qualifié la ménopause d’« un impensé collectif », ajoutant que « la réponse dépend trop souvent de la capacité de chaque femme de se débrouiller seule ». Elle a appelé à une information plus accessible, à un parcours mieux structuré et à une responsabilité davantage partagée.

Le dispositif Mon Bilan Prévention, déjà ouvert notamment aux femmes de 45 à 50 ans, fera l’objet d’un renforcement afin d’orienter plus efficacement les patientes. Dans les semaines à venir, l’Assurance maladie et les sages‑femmes ouvriront des négociations conventionnelles sur une « consultation longue ménopause permettant un bilan global de santé ».

L’organisation nationale des sages‑femmes (ONSSF) a, dans un communiqué, salué « une avancée importante », en attendant la lettre de cadrage. Isabelle Derrendinger, présidente du conseil national de l’Ordre des sages‑femmes, a rappelé que « quasiment une femme sur deux est sans suivi gynécologique » et indiqué que la profession se tenait prête à assurer ces consultations longues comme à prescrire le traitement hormonal de la ménopause (THM).

Stéphanie Rist a saisi la Haute Autorité de santé (HAS) sur les conditions d’une éventuelle autorisation de prescription de ce traitement par les sages‑femmes. Au nom de la Société française de ménopause (Gemvi), Geneviève Plu‑Bureau a noté que les sociétés savantes de gynécologues médicaux demeuraient « un peu frileuses pour déléguer » cette compétence. Le gynécologue Olivier Marpeau a estimé qu’« on n’a pas le choix », face à l’accès limité aux spécialistes.

De nouvelles recommandations de la HAS, attendues mi‑2027, seront adressées aux soignants, intégrées à leur formation continue et destinées aussi aux patientes. Sophie Gehin, cheffe du service des bonnes pratiques de la HAS, a rappelé que l’autorité avait déjà réévalué le THM en 2025.

Une campagne nationale de sensibilisation sera déployée en janvier. En amont, un guide de bonnes pratiques destiné aux créateurs de contenus sera mis en circulation. La ministre a déploré que « le vide informationnel (…) est occupé par des remèdes miracles, affirmations invérifiables, faux professionnels, contenus commerciaux », la rapidité des outils de traduction par l’intelligence artificielle accélérant selon elle la désinformation.

Sur le terrain professionnel, le ministre du Travail, Jean‑Pierre Farandou, a jugé que la ménopause « ne doit plus être un frein à la vie professionnelle des femmes ». Il a cité des pistes concrètes — aménagement des horaires, quelques jours de télétravail — « dans le respect du dialogue social ». Florence Chappert, membre de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail, a plaidé pour des « adaptations très concrètes d’organisation ».

Le Haut‑Commissariat à la Stratégie et au Plan mesurera les bénéfices escomptés d’un meilleur accompagnement pour les femmes, les employeurs et la société. Ses conclusions sont attendues mi‑octobre 2027.

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