Mélenchon réitère son « affection » pour « La Jeune Garde »

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La séquence a provoqué une onde de choc. Lors d’une conférence intitulée « Le moment politique », le 17 février, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé son estime pour La Jeune Garde, organisation antifasciste dissoute en Conseil des ministres en juin 2025 mais dont la dissolution reste suspendue à une décision du Conseil d’État.

« Nous ne nous sommes pas cachés, nous admirions ces jeunes gens », a déclaré l’ancien candidat à la présidentielle. Avant d’ajouter : « Nous gardons pour eux une grande affection. Et je le dis aussi pour les autres mouvements antifas. Même si nous ne sommes pas d’accord. »

Ces propos interviennent alors que l’émotion demeure vive après la mort de Quentin Deranque.

Un lynchage mortel à Lyon

Le 23-ans, étudiant en mathématiques, est décédé des suites de ses blessures après une violente agression survenue à Lyon, en marge d’un déplacement de l’eurodéputée LFI Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Le jeune homme accompagnait ce jour-là le collectif identitaire et féministe Némésis.

Selon les éléments communiqués par les autorités, neuf personnes ont été interpellées dans le cadre de l’enquête. Parmi elles, au moins six auraient été membres de la Jeune Garde. L’un des interpellés, Jacques-Élie Favrot, était assistant parlementaire du député Raphaël Arnault, cofondateur du mouvement. Une procédure a été engagée pour mettre fin à ses fonctions.

L’enquête se poursuit pour établir précisément les responsabilités et les circonstances de l’agression.

Une organisation déjà dissoute

La Jeune Garde avait fait l’objet d’une dissolution en Conseil des ministres à l’été 2025, à la suite de plusieurs épisodes de violences attribués à certains de ses membres. Cette mesure administrative reste toutefois contestée devant le Conseil d’État.

C’est dans ce contexte judiciaire et politique que les déclarations de Jean-Luc Mélenchon ont été rendues publiques. Elles ont suscité des réactions immédiates dans l’opposition, plusieurs responsables dénonçant une absence de prise de distance avec un groupe accusé d’implication dans un homicide.

Une tension politique maximale

Le climat est d’autant plus électrique que la mort de Quentin a ravivé les accusations croisées sur la violence politique en France. La veille, Jean-Luc Mélenchon avait exprimé son « empathie » et sa « compassion » à l’égard de la famille, tout en rejetant toute responsabilité de son mouvement.

Dans l’opinion, la concomitance entre les interpellations et les propos d’« affection » a créé un profond malaise. La gravité des faits — un jeune homme mortellement frappé en pleine rue — contraste brutalement avec la tonalité de soutien assumée à l’égard d’une organisation dont plusieurs membres sont aujourd’hui visés par la justice.

L’enquête dira ce qu’il en est des responsabilités individuelles ; le choc, lui, est déjà installé.

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