Mélenchon choisit son camp, contre les peuples libres

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Samedi à Lyon, le chef de La France insoumise a estimé que le peuple vénézuélien devait « se défendre, s’il le faut les armes à la main » et a exigé la libération de Nicolas Maduro, ancien président capturé par les forces américaines. Une prise de position qui ne relève ni du dérapage ni de l’improvisation, mais d’une constante idéologique : la complaisance obstinée envers l’une des dictatures les plus sinistres du continent américain.

Car le régime chaviste, que Mélenchon défend depuis des années, ce n’est pas une abstraction géopolitique. C’est un pays ruiné, des millions d’exilés, une économie détruite, une presse muselée, des opposants emprisonnés, torturés, parfois assassinés. C’est un système fondé sur la peur, la corruption et la violence politique. Un pouvoir qui truque les élections, manipule la justice et transforme l’armée en police idéologique.

Un soutien qui ne date pas d’hier

Déjà du temps d’Hugo Chávez, Mélenchon chantait les louanges de la « révolution bolivarienne ». Avec Maduro, il a poursuivi, minimisant les fraudes électorales, relativisant les atteintes aux libertés, rejetant systématiquement la faute sur les États-Unis ou sur un prétendu « complot impérialiste ».

Aujourd’hui encore, alors que le régime chaviste s’est maintenu par la force et par l’élimination méthodique de toute opposition crédible, le leader de LFI choisit son camp. Non pas celui des prisonniers politiques, des journalistes réduits au silence ou des familles contraintes à l’exil, mais celui du clan au pouvoir.

La banalisation de la violence politique

Plus grave encore : Mélenchon légitime explicitement le recours aux armes. Il ne parle pas ici de résistance symbolique ou de mobilisation pacifique, mais d’affrontement armé. Cette rhétorique, que l’on croyait réservée aux guérillas marxistes des années 1970, ressurgit tranquillement dans la bouche d’un responsable politique français majeur.

Ce n’est pas une phrase isolée. Depuis des années, LFI entretient une relation trouble avec la notion de violence « légitime » lorsqu’elle servirait une cause jugée juste par ses cadres. Hier les « casseurs excusés », aujourd’hui la lutte armée à l’étranger, demain quoi ?

Ce que révèle vraiment cette affaire

L’affaire Maduro agit comme un révélateur. Derrière le discours social, écologique ou prétendument humaniste, demeure un logiciel idéologique intact : la tolérance pour l’autoritarisme, pourvu qu’il se drape dans les couleurs de la gauche radicale. La liberté n’est défendue que lorsqu’elle sert le bon camp.

Il suffit de comparer les indignations sélectives. Une atteinte aux libertés dans un pays occidental déclenche des communiqués enflammés. Des milliers de prisonniers politiques au Venezuela ? Silence gêné, relativisation, ou soutien à peine voilé au régime.

Un avant-goût pour la France ?

La question n’est donc pas seulement vénézuélienne. Elle est française.

Car LFI ne cache plus son ambition de gouverner. Ses cadres contrôlent déjà de grandes municipalités, des pans entiers de l’Assemblée nationale, des réseaux militants structurés. Que se passerait-il si ce courant idéologique approchait réellement du pouvoir exécutif ?

Un mouvement qui excuse les dictatures étrangères, qui justifie la violence politique et qui méprise les contre-pouvoirs quand ils lui résistent, ne se transformerait pas soudain en modèle de modération démocratique par la magie d’une élection.

Le Venezuela n’est pas un accident de l’histoire : c’est l’aboutissement logique d’une vision du monde où l’idéologie prime sur les libertés, où l’ennemi politique devient un obstacle à éliminer, et où la force finit toujours par remplacer le droit.

Soutenir Maduro aujourd’hui, c’est montrer sans fard ce que LFI considère comme acceptable demain.

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