Mayotte : le taux d’emploi au plus bas depuis 2014

L’Insee a publié vendredi 11 septembre les chiffres de l’emploi à Mayotte pour 2025. Le taux d’emploi des 15-64 ans s’est établi à 30 %, en baisse de deux points sur un an, au plus bas depuis 2014. Il reste très éloigné de celui de La Réunion (54 %) et de l’Hexagone (70 %).

L’institut rattache ces évolutions aux suites du cyclone Chido. Le 14 décembre 2024, la tempête a frappé l’archipel dans l’océan Indien et provoqué au moins 40 morts. Les difficultés de logement et d’alimentation ont pu freiner la recherche d’un travail et conduire une partie de la population à quitter le marché de l’emploi.

La part des 15-64 ans présents sur ce marché — en poste ou au chômage — est tombée à 40 %, cinq points de moins qu’en 2024. Le taux de chômage a diminué de quatre points, à 25 %, soit 18 000 personnes. L’Insee souligne que cette baisse « n’est pas, dans ce cas, le signe d’une amélioration du marché du travail ».

Le mouvement s’explique par l’expansion du « halo autour du chômage », qui regroupe les personnes souhaitant travailler sans chercher activement un emploi ou sans être disponibles. En un an, ce halo a augmenté de 11 100 personnes pour atteindre 50 300, soit 28 % des 15-64 ans contre 23 % l’année précédente, un niveau sept fois supérieur à celui de l’Hexagone. L’essentiel de cette progression vient d’anciens chômeurs, découragés ou pris par d’autres contraintes personnelles, précise l’institut.

En additionnant chômeurs et halo, 68 300 personnes, soit 38 % des 15-64 ans, se trouvaient sans emploi tout en souhaitant travailler.

Les hommes ont concentré l’essentiel du recul : leur taux d’emploi a perdu trois points, à 39 %, tandis que celui des femmes est resté proche de 23 %. Les 50-64 ans enregistrent le plus fort repli, avec 41 % en emploi en 2025 contre 51 % en 2024.

Parmi les 15-29 ans, 36 000 personnes, soit 47 %, n’étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation. Cette proportion a progressé de cinq points en un an, une hausse quatre fois plus marquée que dans l’Hexagone.



Le Journal des Francais