Face à l’extension des blocages lycéens et à une série d’incidents — agressions de chefs d’établissement, incendies, projectiles —, Sébastien Lecornu, Premier ministre, a réuni jeudi 1er octobre une cellule de crise.
À l’issue de cette réunion, Matignon a fait savoir que, pour les services de renseignement, le mouvement relève d’une « manœuvre organisée par LFI et ses relais de l’ultragauche ». L’exécutif y voit désormais un basculement vers des « violences urbaines ».
LFI avait plaidé pour un élargissement des blocages. Jean-Luc Mélenchon a fustigé la « répression » du mouvement « avec un arrière-goût raciste évident » et appelé élus comme militants à s’« interposer partout où » cela est possible. De son côté, Gabriel Attal, ancien chef du gouvernement, a exhorté les Insoumis à « arrêter d’utiliser les jeunes comme de la chair à canon », afin qu’ils ne soient plus poussés à « se mettre en danger eux-mêmes et mettre en danger d’autres personnes, des forces de l’ordre, des personnels de l’éducation nationale ».
Plusieurs agressions de proviseurs sont signalées par des rectorats et des syndicats. L’académie de Normandie signale qu’à Rouen, le chef d’établissement du lycée Blaise-Pascal a été pris à partie et légèrement blessé, tout comme son homologue du lycée Elisa-Lemonnier, au Petit-Quevilly ; elle condamne « avec la plus grande fermeté » ces « agressions inadmissibles ».
Près d’Orléans, à Ingré, la proviseure du lycée Maurice-Genevoix a été légèrement blessée après avoir reçu « au moins un coup » ; le parquet parle d’une agression « violente ». À Clermont-Ferrand, un mortier d’artifice a légèrement blessé le proviseur du lycée Ambroise-Brugière à la tête. La rectrice Virginie Dupont a précisé que, selon les premières informations, le tir provenait d’individus masqués et cagoulés, extérieurs à l’établissement et présents en marge d’un rassemblement de lycéens.
Dans le Pas-de-Calais, à Auchel, le parquet de Béthune relate qu’un pétard déjà allumé a été projeté vers le proviseur d’un lycée professionnel : l’engin a rebondi, puis a explosé au sol à quelque deux mètres de lui. Sous le choc, le chef d’établissement a été conduit à l’hôpital ; à ce stade, aucune ITT n’a été retenue.
À Marseille, le conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur a signalé une tentative d’incendie dans l’enceinte du lycée Victor-Hugo. Quatre cadres — proviseur, proviseur adjoint, secrétaire générale et chef d’équipe — ont été agressés et aspergés d’essence. D’après le rectorat, des individus qui remplissaient des conteneurs d’essence ont éclaboussé le proviseur adjoint ainsi que deux autres agents. Les transports en commun marseillais ont été interrompus.
Ailleurs, on relève poubelles renversées, feux allumés devant ou à l’intérieur d’établissements, jets de projectiles, abribus vandalisés, tirs de mortiers d’artifice et de gaz lacrymogènes. À Dijon, deux lycées touchés voient leurs cours suspendus jusqu’à vendredi soir, les élèves étant invités à travailler à distance.
« On ne cautionne pas ces violences, s’en prendre à des chefs d’établissements, c’est se tromper de sujet », a déclaré Christelle Kauffmann, secrétaire générale adjointe du SNPDEN-Unsa, en soulignant que les proviseurs n’ont pas, par exemple, « les moyens de passer de 35 à 25 en classe de terminale ». Agnès Andersen, secrétaire générale d’ID-FO, a conseillé aux adhérents d’éviter tout risque et, si la sécurité ne permet plus d’accueillir le public, de signaler aux autorités rectorales la nécessité de fermer.
Se tenir informé sur la gauche et l'extrême-gauche en France est d'une grande importance : ce sont des forces qui parfois visent à la déstabilisation de la société, en prenant le risque de conflits internes violents. Notre devoir, en tant que journal libre et indépendant, c'est de vous raconter chaque jour les enjeux liés aux actions de la gauche en France.
En choisissant de vous abonner, vous permettez à la presse non-subventionnée d'exister et de vous informer.
5€/mois — petits revenus
7€/mois
RecommandéAccès abonnés :
- ✓Lecture de tous nos contenus réservés aux abonnés
- ✓Possibilité de commenter tous nos articles
- ✓Gestion de votre abonnement en un clic


