Marseille : un commissaire mis en examen pour protection de policiers

Jeudi, le parquet de Marseille a confirmé à l’AFP qu’un commissaire avait été mis en examen le 17 septembre pour « faux témoignage et soustraction de preuve ». Ce responsable est accusé d’avoir couvert des agents suspectés d’avoir passé à tabac une jeune femme en marge d’une manifestation marseillaise du 8 décembre 2018.

La jeune femme, alors vendeuse de 19 ans dans le centre-ville, rentrait du travail avec son compagnon d’alors. Un tir de lanceur de balles de défense l’a d’abord atteinte à la cuisse et l’a fait tomber ; plusieurs policiers l’ont ensuite encerclée et frappée, lui causant une fracture du crâne.

À l’époque, le commissaire occupait le poste de numéro deux du service de sécurisation des transports en commun (SISTC). Il avait sous ses ordres huit policiers en civil, dont sept ont été mis en examen. Le policier soupçonné d’avoir asséné les coups de matraque à l’origine de la fracture a été mis en examen en avril. Depuis l’accélération de l’enquête fin 2025, près d’une quinzaine de policiers sont poursuivis. À ce stade, le commissaire reste le plus haut gradé concerné par une mise en examen.

L’instruction a longtemps piétiné faute d’éléments matériels. Les bandes du système radio Acropol, destinées à conserver les échanges des agents déployés, ont disparu, tout comme des enregistrements de la vidéosurveillance municipale. Le responsable a dit ne pas pouvoir reconnaître les agents sur les images ; or, en audition, ses subordonnés ont évoqué des manœuvres de dissimulation qui contredisent ses propos.

Brice Grazzini, conseil de la victime et de son ancien compagnon, a souligné que la demande de réouverture de l’information judiciaire s’appuyait aussi sur « le fait qu’il y avait une omerta, et que cette omerta ne pouvait pas concerner uniquement des agents sur place, mais qu’il y avait évidemment la hiérarchie qui était au courant ». Il a salué le « travail sérieux d’enquête » engagé sous l’impulsion de la nouvelle juge d’instruction et de la nouvelle direction de l’IGPN de Marseille. « Là c’est le premier échelon de la hiérarchie. Jusqu’où va remonter la juge d’instruction ? On voit au fur et à mesure que chaque échelon supérieur a protégé l’échelon inférieur », a-t-il affirmé à l’AFP.



Le Journal des Francais