Marion Maréchal et le courage de ne pas bêler avec le troupeau

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La scène se passe à des milliers de kilomètres de Paris, mais le procès, lui, se tient bien en France. Deux personnes tuées par la police américaine à Minneapolis, et voilà que Marion Maréchal se retrouve sommée de comparaître devant le tribunal médiatique pour crime de lucidité non autorisée.

Son tort ? Avoir parlé « d’accidents malheureux » à propos des personnes tuées par des agents de l’agence de l’immigration US. Deux mots devenus explosifs dans une époque où toute bavure doit obligatoirement être un meurtre raciste, systémique, structurel, civilisationnel – au minimum.

Le réflexe pavlovien de l’indignation

Il ne faut désormais que quelques minutes pour que la mécanique se mette en route : plateaux enfiévrés, réseaux sociaux en fusion, éditorialistes en robe de procureur. Le scénario est connu. Une affaire complexe, lointaine, juridiquement floue, devient instantanément un symbole mondial de l’« oppression ».


Peu importe les circonstances exactes, l’enquête en cours ou les responsabilités réelles. L’émotion commande, la nuance trahit, la prudence devient suspecte.

Dans ce paysage binaire, Marion Maréchal a commis l’irréparable : rappeler qu’un drame peut être un drame sans être nécessairement une exécution idéologique.

Le mot interdit

Dans le dictionnaire militant, le mot « accident » n’existe plus. Il a été radié, classé réactionnaire, probablement d’extrême droite. Car reconnaître la possibilité d’un accident, c’est ruiner toute l’architecture narrative patiemment construite depuis des années : celle d’une police occidentale structurellement criminelle et d’États coupables par nature.

Dire « accident », c’est rappeler que des policiers peuvent se tromper sans être des monstres. C’est rappeler que le réel est parfois tragiquement banal. C’est surtout refuser de transformer chaque fait divers en croisade idéologique.

Un crime impardonnable, manifestement.

Trump, police et immigration : le péché originel

La condamnation est d’autant plus savoureuse qu’elle est triple : Marion Maréchal parle positivement de Trump, soutient une politique ferme sur l’immigration, et ne s’excuse pas d’exister politiquement.

Dans l’écosystème progressiste, cela équivaut à un casier judiciaire chargé.

Qu’elle souligne l’importance de la volonté politique face au « gouvernement des juges » ajoute encore à l’horreur doctrinale. Le péché est complet : souveraineté, autorité, frontières, responsabilité individuelle.

Autant de concepts devenus obscènes dans une Europe qui confond faiblesse et vertu.

La gauche morale contre la réalité

Le plus ironique reste peut-être ceci : ceux qui prétendent défendre les victimes refusent obstinément de regarder les faits autrement qu’à travers leur prisme idéologique.

Ils n’analysent plus, ils récitent. Ils ne cherchent plus la vérité, ils confirment leur catéchisme.

Qu’une responsable politique ose s’écarter de ce chemin balisé suffit à déclencher l’anathème. Peu importe ce qu’elle dit réellement. Peu importe la complexité du terrain américain. Peu importe la présomption d’innocence des policiers.

La faute n’est pas dans les actes, mais dans la pensée.

Et c’est sans doute là le cœur du problème : dans une époque qui se prétend tolérante, la dissidence intellectuelle est devenue le seul délit véritable.

Une société où qualifier un drame d’« accident » choque plus que la mort elle-même est une société qui a déjà perdu le sens de ses priorités.

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