Mairies, subventions, jeunesse : le trio gagnant de l’entrisme islamiste

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L’alerte revient régulièrement, toujours formulée à demi-mot, souvent édulcorée : attention à l’entrisme islamiste dans les élections municipales. L’expression fait lever les yeux au ciel, déclenche des soupirs dans les cabinets ministériels et provoque l’irritation mécanique des professionnels de l’indignation. Pourtant, le phénomène n’a rien d’une lubie d’éditorialiste nerveux. Il est ancien, structuré, méthodique — et remarquablement efficace.

Le fantasme des listes communautaires

Dans l’imaginaire médiatique, l’islam politique se manifesterait par des listes ethniques tapageuses, des affiches maladroites et des candidats revendiquant haut et fort leur combat religieux. Une caricature rassurante : elle permet de repérer l’adversaire à distance.


La réalité est infiniment plus prosaïque. Les listes communautaires existent, certes, mais elles récoltent des scores anecdotiques et servent surtout de vitrines agitées. Pendant que l’opinion s’épuise à commenter ces épiphénomènes, d’autres avancent à pas feutrés, sans slogans religieux ni barbes prophétiques.

L’art de se fondre dans le décor

L’entrisme moderne ne se fait pas contre les partis, mais avec eux. Tous. De la gauche radicale aux écologistes, du centre aux macronistes, parfois même jusqu’aux formations dites conservatrices. Le calcul est simple : multiplier les portes d’entrée, réduire les risques, maximiser les chances d’obtenir un siège.

Le candidat type est affable, discret, investi dans une association locale, actif sur les sujets consensuels : jeunesse, sport, climat, citoyenneté, aide scolaire. Il parle peu de religion, beaucoup de vivre-ensemble, jure fidélité aux valeurs républicaines et s’indigne volontiers des « amalgames ».

Le camouflage fonctionne d’autant mieux que la société contemporaine a fait de la suspicion un péché capital.

La patience comme méthode

L’entrisme n’est pas une opération commando. C’est une stratégie d’installation. Arriver deux ou trois ans avant l’élection, s’implanter dans le tissu associatif, rendre service, créer des réseaux, devenir indispensable. Puis, au moment opportun, proposer ses services à la liste la mieux placée.

Le chef de file local, ravi d’afficher une diversité valorisante, voit un militant motivé. Il ignore souvent qu’il recrute un relais idéologique.

Les leviers toujours identiques

Une fois élu, l’élu « discret » ne réclame jamais la voirie ou l’urbanisme. Les priorités sont ailleurs : finances municipales, subventions, associations, éducation, sport, périscolaire. Deux objectifs constants : l’argent public et la jeunesse.

Le reste suit mécaniquement. Financement d’associations complaisantes, orientation de projets culturels, influence sur les structures éducatives locales, accès aux conseils municipaux d’enfants ou aux organismes para-publics. La mairie devient un simple outil parmi d’autres.

Le discours victimaire comme arme politique

À cette stratégie matérielle s’ajoute une rhétorique parfaitement rodée : dénonciation du « racisme systémique », obsession de l’islamophobie, défense calculée du voile présenté comme un symbole d’émancipation, soutien automatique à toutes les causes permettant de créer un climat de tension identitaire.

Le discours est souvent confus, parfois contradictoire, toujours enveloppé de bons sentiments. Il laisse l’interlocuteur désorienté, incapable de résumer clairement ce qui vient d’être dit — signe révélateur d’une communication conçue pour brouiller plutôt que convaincre.

Une cécité entretenue

Pourquoi ce déni persistant ? Par confort, par lâcheté, par peur d’être catalogué. Reconnaître l’existence d’une stratégie structurée impliquerait d’admettre que le problème ne se limite pas à quelques provocateurs marginaux mais touche au fonctionnement même de la démocratie locale.

Alors on préfère parler d’« excès de langage », de « fantasmes », de « stigmatisation ». Pendant ce temps, la mécanique continue, patiente, imperturbable.

La République découvre trop tard que le danger le plus efficace n’est pas celui qui crie, mais celui qui sourit.

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