Macron et al-Zaïdi renforcent la coopération défense et énergie

Après un entretien à l’Élysée, le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre irakien Ali al-Zaïdi ont, lundi 14 septembre, appelé, dans une déclaration commune, à une « diversification des routes d’exportation » des hydrocarbures au Moyen-Orient, alors que le conflit entre les États-Unis et l’Iran alimente l’instabilité régionale.

Ils ont mis l’accent sur les interconnexions entre pays de la zone et sur la multiplication des itinéraires d’export, jugées nécessaires à la sécurité énergétique. Vendredi, les rebelles houthis pro-iraniens ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb ; cette emprise s’ajoute aux tensions déjà vives autour du détroit d’Ormuz. Le baril de pétrole a franchi le seuil de 100 dollars.

Des pourparlers vont s’ouvrir entre TotalEnergies et les autorités irakiennes sur plusieurs projets énergétiques d’envergure, destinés à relever la production de pétrole du pays. Le PDG du groupe, Patrick Pouyanné, a rencontré Ali al-Zaïdi et a fait part de son intention de porter les investissements de TotalEnergies dans le secteur pétrolier irakien « à 16 milliards de dollars », contre 12 milliards aujourd’hui, d’après les services du Premier ministre.

Sur le plan militaire, la France et l’Irak, qui ont coopéré ces dernières années contre l’organisation État islamique, veulent aller plus loin. L’objectif est notamment de consolider les moyens irakiens de surveillance des frontières et d’appuyer l’exercice plein de la souveraineté irakienne. Fin février, l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a été suivie de frappes répétées contre des installations américaines en Irak ; des groupes armés pro-iraniens en ont été tenus pour responsables, plusieurs d’entre eux ayant revendiqué des attaques.

À l’Élysée, les deux exécutifs ont paraphé une « feuille de route stratégique relative à l’acquisition d’équipements militaires français dans le cadre de la reconstruction et de la modernisation des capacités de défense de l’Irak ». De son côté, l’entreprise française de drones Harmattan a conclu une lettre d’intention avec le ministère irakien de la Défense portant sur des systèmes autonomes de défense aérienne, selon l’Élysée et la société.

Le chef du gouvernement irakien a promis de favoriser les échanges avec des firmes françaises sur les dispositifs anti-drone, la mobilité aérienne, les systèmes de défense et de surveillance aérienne ainsi que l’artillerie. Ce séjour à Paris constitue son premier voyage en Europe depuis son arrivée aux responsabilités en mai ; il doit poursuivre mardi vers Berlin.



Le Journal des Francais