Lyhanna : la justice, qui se croit au-dessus de tous, se révèle en dessous de tout

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L’affaire Lyhanna, la disparition puis la mort d’une fillette de 11 ans dans le Gers, a provoqué une onde de choc dans tout le pays. Alors que son corps a été retrouvé jeudi et que le principal suspect, Jérôme B., était déjà connu des services de justice pour des plaintes antérieures de violences sexuelles sur mineurs, la classe politique exprime une rare unanimité pour dénoncer les failles du système.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu a convoqué vendredi matin à Matignon le ministre de la Justice Gérald Darmanin et le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez pour un point de situation. Gérald Darmanin a lui-même reconnu un « dysfonctionnement » et s’est dit « terrifié » par ce drame. Il a annoncé une inspection administrative et promis de rendre public le rapport.

Un suspect connu, mais pas suffisamment surveillé

Le suspect principal, Jérôme B., faisait l’objet de plusieurs plaintes et signalements pour violences sexuelles sur mineurs. Pourtant, ces signalements n’ont pas entraîné les mesures de protection attendues. Des lenteurs administratives entre parquets (Toulouse et Auch), des actes d’enquête non réalisés, et une transmission trop lente des informations ont été pointés du doigt.

Le président Emmanuel Macron a lui aussi évoqué un « dysfonctionnement » clair : « On ne peut pas regarder en face sa famille et lui dire que tout s’est bien passé, c’est faux. »

Une indignation qui dépasse les clivages

À droite comme à gauche, les réactions sont virulentes :

  • Jordan Bardella (RN) accuse l’État d’avoir « lourdement failli » et estime que « ce drame terrible aurait pu, aurait dû, être évité ».
  • Bruno Retailleau (LR) parle d’un système « révoltant » marqué par la lenteur des procédures et la déresponsabilisation.
  • Édouard Philippe (Horizons) s’interroge sur le fait que « la parole d’un enfant » ne mette pas immédiatement toute la chaîne de l’État en alerte.
  • Même à gauche, les inénarrables Mathilde Panot (LFI) et Marine Tondelier (écologistes) dénoncent les manquements, bien que certains, nés avant la honte, y voient aussi une question de « domination patriarcale ».

Jean-Luc Mélenchon a également réagi, s’indignant que le suspect ait pu rester sans surveillance malgré des plaintes.

Cette affaire met cruellement en lumière les limites, les lourdeurs et parfois l’impuissance d’une institution judiciaire qui se veut garante des droits mais peine à protéger les plus vulnérables. Des plaintes classées, des délais excessifs, une bureaucratie qui prend le pas sur l’urgence : le drame de Lyhanna révèle un système qui, trop souvent, arrive après le malheur.

Le gouvernement promet des sanctions et une réforme plus profonde. Mais pour beaucoup de Français, ces annonces arrivent trop tard pour Lyhanna et pour toutes les victimes qui auraient pu être épargnées.

L’enquête judiciaire se poursuit, tandis que l’inspection administrative demandée par Gérald Darmanin devra établir précisément les responsabilités collectives et individuelles dans ce qui est déjà qualifié de « dysfonctionnement d’État ».

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