Samedi, les Islandais ont tranché : 52,8 % contre 47,2 %. Non, l’Islande ne rouvrira pas les négociations d’adhésion à l’Union européenne. C’est serré. C’est net. C’est définitif, au moins jusqu’en 2028. Bruxelles, qui voyait d’un bon œil cette riche île de l’Atlantique Nord et se disait prête à des « compromis », peut ranger ses dossiers.
La Première ministre Kristrún Frostadóttir, favorable au oui, a eu l’élégance — ou le réalisme — de ne pas contester le verdict. Ce n’est « pas un revers », a-t-elle dit, mais « une victoire pour la démocratie ». Et surtout : son gouvernement ne reprendra pas les négociations pendant cette législature. Pour une fois, un dirigeant qui organise un référendum en accepte le résultat. On notera.
Les enjeux n’étaient pas mystérieux. L’euro, la pêche, la souveraineté. En Islande, la pêche n’est pas un détail budgétaire : c’est la ligne rouge. Céder les zones, les quotas, la main de Bruxelles sur la ressource, c’était trop. Les Islandais ont préféré rester maîtres chez eux. Un pays sans armée, peu peuplé, isolé, mais encore capable de décider de son destin. Pendant que d’autres continents se font expliquer que « l’Europe, c’est la paix » et que voter « non » serait irresponsable.
Le contraste est cruel. En 2005, les Français avaient dit non. On leur a quand même imposé le traité. Depuis, plus de référendum sur l’essentiel. L’Islande, elle, a voté. Forte participation. Résultat respecté. Négociations gelées. Point.
Bruxelles perd une candidature prestigieuse. Pas un pays en faillite qui vient quémander des fonds. Une île riche, souveraine, qui regarde l’Union et répond : non merci. Pas maintenant. Peut-être jamais.
On peut appeler ça un coup dur pour l’UE. On peut aussi l’appeler une bonne nouvelle : il reste, quelque part dans le Nord, un peuple qui n’a pas oublié que l’adhésion n’est pas une fatalité et que la mer, le poisson et la loi, ça se décide encore à Reykjavik. Pas à Bruxelles.
Les Islandais ont voté. Ils ont gagné. Qu’on se réjouisse.
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