Le gouvernement britannique craint d’être écarté de la future « préférence européenne » discutée entre les États membres dans le cadre du projet de loi sur l’accélération industrielle. Mardi 22 septembre, le Premier ministre Andy Burnham a déclaré : « Nous ne sommes pas vos ennemis, nous ne sommes pas le problème ».
Londres cherche à éviter que ses entreprises soient pénalisées par l’obligation, dans des secteurs stratégiques comme l’automobile et les énergies décarbonées, de se fournir en biens « fabriqués en Europe » pour bénéficier de fonds publics.
Jeudi, le ministre français de l’Industrie, Sébastien Martin, a insisté : « L’argent des contribuables européens doit soutenir les ouvriers et les usines européennes ». Il a ajouté : « Le Royaume-Uni a fait le choix, il y a quelques années, de quitter l’Union européenne ». La France milite pour un dispositif strictement réservé aux pays membres de l’UE.
La ministre allemande de l’Économie, Katherina Reiche, défend un « Fait avec l’Europe » intégrant des partenaires comme le Royaume-Uni ou le Canada, sous condition de réciprocité. « Nous ne devons pas nous isoler du reste du monde », a-t-elle déclaré.
Le ministre belge David Clarinval plaide pour une « liste ouverte » incluant le Royaume-Uni, la Suisse, le Canada et la Corée du Sud.
Mike Hawes, patron de la SMMT, a rappelé cette semaine que les exportations automobiles britanniques vers l’UE s’élevaient à 20 milliards d’euros en 2024. Il a estimé qu’exclure le Royaume-Uni « serait une erreur ».
Bruxelles indique qu’une inclusion suppose un alignement sur la politique commerciale de l’UE, notamment une hausse des droits de douane sur les voitures électriques chinoises. Le sujet, non tranché, doit faire l’objet de débats au moins jusqu’à la fin de 2026.


