Avec 5 % des exportations mondiales, l’Italie confirme en 2024 son rôle désormais central dans le commerce international, tandis que la France demeure structurellement déficitaire et recule dans les classements.
Une progression rapide dans les classements mondiaux
En quelques années, l’Italie s’est hissée au rang de deuxième exportateur européen, derrière l’Allemagne, et occupe désormais la quatrième place mondiale. La France figure, elle, en septième position, alors qu’elle se situait auparavant devant son voisin transalpin. Ce renversement marque une évolution notable de l’équilibre industriel en Europe occidentale.
Des résultats commerciaux contrastés
En 2024, les exportations de biens italiens ont atteint environ 650 milliards d’euros, contre 598 milliards pour la France. L’écart apparaît encore plus nettement dans les soldes commerciaux : l’Italie affiche un excédent proche de 55 milliards d’euros, tandis que la France enregistre un déficit d’environ 81 milliards.
Le poids du tissu industriel italien
Le modèle productif italien repose largement sur un réseau dense de petites et moyennes entreprises, souvent familiales, organisées au sein d’environ 160 districts industriels spécialisés. Cette structuration facilite la mutualisation des compétences, la montée en gamme des produits et la coordination sur les marchés étrangers, avec l’appui de politiques publiques orientées vers l’innovation et l’export.
Des coûts de production plus faibles
Le différentiel de compétitivité s’explique aussi par le coût du travail. Fin 2024, le coût horaire moyen dans l’industrie et les services marchands atteignait 44,40 euros en France, contre 30,60 euros en Italie et 25,90 euros en Espagne. Cette différence pèse directement sur les prix à l’exportation et sur les marges des entreprises françaises.
Deux structures économiques différentes
La France compte environ 250.200 entreprises industrielles, contre près de 390.500 en Italie, ce qui illustre un tissu productif plus dense de l’autre côté des Alpes. Malgré les objectifs affichés par les autorités françaises pour accroître les exportations dans les prochaines années, l’écart reste significatif à court terme.
La dynamique actuelle confirme une recomposition progressive du rapport de force économique entre les deux pays au profit de l’Italie.

