Lisnard relance la primaire : la fausse droite cherche encore un sauveur

Capture Youtube

David Lisnard a relancé l’idée d’une grande primaire ouverte de la droite et du centre pour l’élection présidentielle de 2027. Dans une tribune au Monde, le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France estime qu’« aucun candidat naturel ne s’impose à droite et au centre » et que, sans désignation démocratique, ce camp « ne sera pas en mesure de l’emporter ».

Le constat s’appuie sur un sondage Harris Interactive-Toluna pour M6 et RTL. Jean-Luc Mélenchon y apparaît en mesure de se qualifier pour le second tour dans trois des cinq scénarios testés. Édouard Philippe, candidat d’Horizons, stagne autour de 17 % lorsqu’il est seul représentant du centre, après avoir perdu trois points en un mois. Gabriel Attal se situe entre 14 et 15 % dans les hypothèses où il est le seul candidat du centre. Bruno Retailleau, pour sa part, reste sous les 10 % dans tous les cas de figure.

Lisnard plaide pour une primaire ouverte sur le modèle de 2016, qui avait rassemblé plus de 4 millions de votants. L’objectif affiché est de conférer au vainqueur « autorité » et « légitimité populaire », tout en évitant « la division qui fait perdre les élections et la compromission programmatique ». L’idée est également défendue par le président du Sénat Gérard Larcher, mais elle a jusqu’ici été écartée par les principaux prétendants.

Le paradoxe est frappant. La « droite » et le centre multiplient les candidatures (Lisnard, Retailleau, Philippe, Attal…) tout en déplorant l’absence de leader naturel. Chacun refuse pour l’instant de s’effacer, tout en reconnaissant que l’éparpillement conduit à la défaite. La primaire est alors présentée comme la solution raisonnable. Elle ressemble pourtant davantage à un ultime expédient pour une droite de gouvernement qui, depuis des années, peinait déjà à trouver un candidat capable de s’imposer durablement.

Les chiffres sont là, le diagnostic aussi. Reste à savoir si les acteurs concernés accepteront de le regarder en face, ou s’ils préféreront continuer à se disputer les miettes d’un électorat qui, lui, regarde déjà ailleurs.

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