Liberté d’expression : la tension monte après les propos hallucinants de Jean-Noël Barrot

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Une formule a suffi à déclencher une confrontation politique immédiate. En évoquant la nécessité de « mettre au pas » les réseaux sociaux, le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a ouvert un nouveau front : celui de la régulation numérique à l’approche des échéances électorales.

Invité à réagir sur l’influence des grandes plateformes, le ministre a expliqué que le modèle démocratique français reposait sur un débat public nourri par une information issue d’une presse pluraliste et indépendante. Selon lui, ce cadre serait fragilisé par la puissance de plateformes majoritairement américaines et par des stratégies d’influence politique transnationales.

Dans cette perspective, il a appelé à une application rigoureuse des règles européennes afin de protéger les processus électoraux.

Une riposte politique immédiate

La réaction a été rapide. Jordan Bardella a dénoncé sur les réseaux sociaux une volonté de contrôle politique de la parole en ligne.

Le président du Rassemblement national a évoqué une « dérive illibérale » et accusé le camp présidentiel d’être prêt à restreindre la liberté d’expression pour conserver une influence politique. Il a qualifié les déclarations du ministre de « particulièrement préoccupantes ».

L’échange s’inscrit dans une stratégie désormais classique : transformer le débat technique sur la régulation en confrontation démocratique.

La droite élargit la critique

Plusieurs responsables politiques proches de la droite et de la droite nationale ont amplifié la charge.

Charles-Henri Gallois a dénoncé des propos rappelant, selon lui, des logiques autoritaires. Marion Maréchal s’est interrogée sur la portée concrète du projet : viserait-il les réseaux jugés non alignés politiquement ?

Nicolas Dupont-Aignan a, de son côté, évoqué un risque de censure à l’approche de la présidentielle de 2027, estimant que la question dépasse largement le cadre technique de la régulation.

Le véritable enjeu : le pouvoir informationnel

Au-delà des déclarations, la séquence révèle une tension structurelle.

Le gouvernement met en avant la lutte contre la désinformation, les ingérences et les stratégies d’influence. L’opposition insiste sur la liberté d’expression et sur le risque d’un contrôle politique de l’espace numérique.

Ce débat accompagne la transformation du champ politique : les campagnes électorales se jouent désormais largement en ligne, et la circulation de l’information devient un enjeu de souveraineté.

La controverse ne porte donc plus seulement sur les plateformes. Elle concerne le pouvoir sur le débat public lui-même.

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Le Journal des Francais