Jean-Luc Mélenchon a dévoilé mercredi un projet de budget rectificatif pour 2027. En cas de succès à la présidentielle, ce document prévoit 106,4 milliards d’euros de recettes en plus et 81,7 milliards d’euros de dépenses supplémentaires.
Il se substituerait au budget de Sébastien Lecornu, appelé à être adopté pour 2027 avant le scrutin. Dès la première année, 25 milliards d’euros iraient à la réduction de la dette, a précisé le candidat de La France insoumise.
Lors d’une conférence de presse au siège de LFI, le leader insoumis a mis en cause les présidents Emmanuel Macron, François Hollande et Nicolas Sarkozy, leur reprochant d’avoir conduit « l’appauvrissement méthodique et organisé de l’État ». Selon lui, ce budget répond à la « culture dominante » du « néolibéralisme ».
« Nous avons décidé que dans ce budget, il y aurait 25 milliards (…) attribués à la diminution de la dette », a-t-il déclaré. Il se place « dans l’épure » d’un rapport d’économistes remis à Bercy, qui préconisait un effort minimal de 125 milliards d’euros sur le quinquennat à venir.
Pour les recettes, Eric Coquerel, président insoumis de la commission des finances de l’Assemblée nationale, a exposé la volonté d’aller « chercher l’argent improductif, l’argent du capital financier ». Au menu figurent la « taxe Zucman » visant les fortunes de plus de 100 millions d’euros (15 milliards), un « ISF climatique » (10 milliards) et la fin du prélèvement forfaitaire unique (9 milliards).
LFI ajoute une imposition sur les héritages (20 milliards), le relèvement à 15 % de la taxe sur les GAFAM, le retour complet de la CVAE, ainsi que la réduction de niches fiscales — dont le pacte Dutreil et le crédit d’impôt recherche — pour un total de 22 milliards d’euros.
Côté dépenses, le mouvement veut créer 10 000 postes de soignants (3 milliards d’euros) et consentir un investissement du même ordre dans l’Éducation nationale. Il prévoit aussi de rétablir d’abord le départ à la retraite à 62 ans, puis de le ramener à 60 ans au cours d’un quinquennat, tout en relevant les salaires des agents publics.
La diminution de la contribution de la France à l’Union européenne reste hors de ce chiffrage. Eric Coquerel a rappelé qu’elle supposerait au préalable « un rapport de force ». Les députés LFI à l’Assemblée demandent notamment une coupe de 10 % de cette contribution, tant que la Banque centrale européenne ne gèle pas les titres de dettes français qu’elle détient.
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