Lescure écarte un effet boule de neige de la dette publique

Mardi 13 octobre, le ministre de l’Économie Roland Lescure a ouvert à l’Assemblée nationale un débat sur la dette publique, préalable à l’examen du budget 2027.

À la tribune, il a souligné la remontée des coûts d’emprunt. « La France empruntait à dix ans à taux nul, parfois négatif », a-t-il déclaré, alors que, « ces derniers jours, ce taux dépasse 4,5 % ».

Le ministre a toutefois indiqué que le taux d’intérêt moyen sur la dette « doit être de 2,5 % en 2027 », face à une croissance en valeur attendue à 2,7 %. Ce rapport permet, selon lui, d’écarter à ce stade « un effet boule de neige ».

Il a appelé les députés à adopter un budget visant 5 % de déficit public en 2027, afin de freiner la charge de la dette, qui pèse « près de 80 milliards d’euros cette année ».

Le ministre des Comptes publics, David Amiel, a pris la suite. Il a jugé « illusoire de penser qu’une partie minoritaire de la population, les ultra-riches, les fonctionnaires, les retraités, les étrangers, les grandes entreprises puissent supporter l’essentiel de l’effort ». Le gouvernement prévoit 45 milliards d’euros d’efforts nouveaux dans le budget 2027, avec des mesures portant notamment sur les retraités et les collectivités.

Les groupes politiques ont répondu. Le député RN Kévin Mauvieux a lancé : « Les comptes sont mauvais, mais ce sont vos résultats, pas les nôtres. » Il s’est aussi inquiété de la part de la dette détenue par des résidents non européens, qu’il situe à un tiers.

Éric Coquerel, président LFI de la commission des Finances, a dénoncé un « catastrophisme organisé » autour de la dette, « censé faire avaler la pilule austéritaire ». Il a plaidé pour une politique de relance plutôt que des coupes budgétaires et a renouvelé la proposition d’obtenir l’annulation de la part de dette détenue par la Banque centrale européenne.

Charles de Courson (Liot) a qualifié cette proposition d’« illusoire et dangereuse ». Il a notamment suggéré de mobiliser volontairement l’épargne des Français, par exemple via un emprunt national.

Pour le groupe écologiste, Christine Arrighi a fustigé l’idée de « faire payer les malades pour épargner les rentiers ». « La dette écologique, elle, ne s’efface pas », a-t-elle conclu.

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