Le 132e congrès des sapeurs-pompiers s’ouvre mercredi 30 septembre à La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie). Les professionnels réclament une réforme d’ampleur ainsi que des moyens humains, financiers et matériels, au terme d’une saison des feux présentée comme la plus sévère depuis des décennies.
Depuis janvier, 98 000 hectares ont brûlé et quatre sapeurs-pompiers sont morts. Mardi, 8 000 professionnels ont manifesté à Paris, dans un climat tendu, avant de rejoindre la mobilisation de la fonction publique. Les syndicats des sapeurs-pompiers professionnels, agents territoriaux, ont déposé un préavis de grève jusqu’au 20 octobre et multiplié les actions de protestation le week-end dernier et en début de semaine.
« Il nous faut une réforme ambitieuse, globale, sinon on aura peine à tenir nos missions », a déclaré à l’AFP le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France (FNSPF), Jean-Paul Bosland. Il estime que « on est à la fin d’un chapitre de l’histoire des pompiers » et prévient qu’« il faut être vigilant, parce que le dérèglement climatique va beaucoup plus vite que la rédaction des lois et surtout que la mise en oeuvre des décrets d’application ». Il dit attendre « des réponses sur la vision de l’État pour accompagner les sapeurs-pompiers ».
Début septembre, le gouvernement a présenté une première synthèse d’un projet de loi de modernisation de la sécurité civile. Les syndicats n’y ont pas trouvé de mesures concrètes sur les effectifs, les financements et le matériel.
Reçus mardi après-midi par le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, les représentants syndicaux disent avoir perçu pour la première fois depuis l’été des « signaux positifs ». À l’issue de la rencontre, le représentant de l’intersyndicale, Xavier Boy, a évoqué « une prise de conscience sur les dangers qu’on peut faire courir à nos concitoyens lorsque la sécurité civile est affaiblie ». M. Nuñez doit s’exprimer vendredi en clôture du congrès.
Dans un rapport rendu public mardi, une mission parlementaire mandatée par le Premier ministre Sébastien Lecornu a estimé que l’été avait marqué un « basculement » et souligné « l’urgence de l’anticipation » face au « changement d’échelle » des feux. La Fédération juge que ces incendies ont « repoussé les limites de notre système de secours ».
Rebaptisé pour la première fois Mondial Secours et Protection, le congrès porte aussi sur la coopération internationale, notamment européenne. Jean-Paul Bosland plaide pour un « Erasmus » des pompiers, alors que des pays de l’Est rencontrent des problématiques de feux de forêt comparables. Les organisateurs doivent présenter les contours de la « caserne du futur », avec intelligence artificielle, drones, robots et véhicules connectés.
Aucune manifestation de colère n’est annoncée sur place. Le président de la FNSPF indique toutefois : « S’il n’y a pas d’annonce particulière, on prendra des mesures ».


