Lors de la marche organisée à Lyon en hommage à Quentin Deranque, une banderole comportant un chrisme a attiré l’attention d’un reportage de France 2. La chaîne a présenté ce signe comme « un symbole chrétien détourné et utilisé par l’extrême droite ».
Cette interprétation a immédiatement suscité des réactions critiques, notamment sur les réseaux sociaux et chez plusieurs responsables politiques, qui y ont vu une lecture hâtive d’un symbole religieux très ancien.
Le chrisme, un marqueur fondamental du christianisme
Le chrisme est formé par la superposition des lettres grecques chi et rho, premières lettres du mot « Christ ». Il apparaît dès les premiers siècles du christianisme comme signe d’identification des fidèles.
Au IVᵉ siècle, l’empereur Constantin contribue à sa diffusion en l’utilisant sur les étendards de son armée. Par la suite, le symbole devient courant dans l’art religieux : mosaïques, manuscrits, architecture d’église, objets liturgiques. Il est parfois accompagné de l’alpha et de l’oméga, représentation du commencement et de la fin.
Autrement dit, il s’agit d’un élément central de l’iconographie chrétienne, présent depuis près de dix-sept siècles.
Une qualification contestée
Dans son reportage, France 2 a évoqué l’idée d’un symbole « détourné » par l’extrême droite. Cette formulation a été contestée par plusieurs commentateurs qui ont estimé qu’elle pouvait induire une confusion entre usage religieux traditionnel et réappropriations politiques ponctuelles.
Des réactions politiques ont également dénoncé ce qu’elles considèrent comme une assimilation abusive. Certaines ont ironisé sur l’idée que l’affichage d’un symbole chrétien puisse être interprété comme un marqueur idéologique.
Une polémique révélatrice d’un débat plus large
L’épisode illustre une difficulté récurrente : la distinction entre symboles religieux anciens et usages contemporains dans l’espace public. De nombreux signes — historiques, culturels ou spirituels — peuvent être ponctuellement récupérés par des mouvements politiques sans que leur signification première disparaisse.
La controverse souligne aussi la question du traitement médiatique des références culturelles, où la rapidité du commentaire peut parfois conduire à des raccourcis interprétatifs.
Entre approximation et critique du journalisme
La polémique dépasse le cas précis du chrisme. Elle alimente une critique plus large portant sur la culture générale dans le traitement de l’information, en particulier lorsqu’il s’agit de symboles historiques ou religieux.
Dans ce contexte, la séquence a été largement commentée comme un exemple d’approximation journalistique, certains observateurs y voyant moins un débat politique qu’un révélateur d’un manque de contextualisation historique.
Une controverse qui rappelle qu’avant de qualifier un symbole, encore faut-il savoir d’où il vient.
L’audiovisuel public (France 2) à deux doigts de diaboliser un chrisme pour jeter l’opprobre sur la marche à la mémoire de Quentin…
— Anne Sicard (@AnneSicard1) February 22, 2026
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