Neuf ans après avoir quitté l’Élysée par la petite porte, record d’impopularité en bandoulière et renoncement historique en 2016, François Hollande tente un come-back. Ses proches lancent officiellement dans les prochains jours le mouvement « Les Jeunes avec Hollande », comme si le temps avait effacé les années Hollande et que la France attendait avec impatience le retour du champion du « changement, c’est maintenant ».
Un mouvement « jeune » pour relancer la machine
Les statuts ont été déposés le 5 mai 2026. Site internet, réseaux sociaux : tout est prêt. À la tête de cette opération séduction, Rémy Goubert, 23 ans, étudiant en droit à Assas, présenté comme l’un des animateurs. L’objectif affiché est clair : élargir la base militante de l’ancien président, encore très largement composée d’anciens ministres, collaborateurs et quadras nostalgiques.
Ce nouveau mouvement s’ajoute à un écosystème déjà bien huilé : réunions régulières, cercles d’anciens ministres, initiatives de pré-candidature. Les proches de François Hollande estiment que les conditions d’un retour sont enfin réunies. Preuve en est, selon eux, sa remontée dans les sondages : 42 % de bonnes opinions, 9e personnalité politique préférée des Français et surtout premier à gauche dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial.
Un passé encombrant et une concurrence féroce à gauche
Pourtant, le bilan reste lourd : chômage de masse, attentats, loi Travail contestée, « nuit debout », et ce fameux renoncement de 2016 qui reste dans les annales comme une première sous la Ve République. Mais qu’importe. Hollande affirme dans Marianne vouloir aller « jusqu’au bout ». Ses soutiens jurent qu’ils s’activent « sans précipitation » et « calmement », dixit l’ancien secrétaire d’État André Vallini.
Le problème, c’est que le Parti socialiste n’attend pas forcément le sauveur de 2012. Olivier Faure pousse pour une primaire de la gauche (hors LFI) et Boris Vallaud vient de claquer la porte du parti. Dans ce contexte, « Les Jeunes avec Hollande » apparaissent comme une tentative de contourner les appareils et de redonner un vernis juvénile à une candidature qui sent surtout la nostalgie.
Une opération qui en dit long sur l’état de la gauche
Ils n’ont vraiment honte de rien. Après avoir promis le « changement » en 2012, avoir été balayé en 2017, et après avoir passé des années à critiquer vulgairement ses successeurs, François Hollande repart à l’assaut. Comme si la France avait tout oublié : les promesses non tenues, les petites phrases, les renversements d’alliances et ce sentiment tenace que rien n’avait vraiment changé.
L’initiative « Les Jeunes avec Hollande » restera sans doute dans les mémoires comme l’un des symboles les plus savoureux de la difficulté de la gauche à renouveler ses figures. À un an de la présidentielle, l’ancien président mise sur le trou de souris de l’impopularité des autres pour exister à nouveau. Ses soutiens y croient. La France, elle, risque surtout de sourire, ou de soupirer.
Le « normal » est de retour. Et il n’a, semble-t-il, toujours pas honte.
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