Par 413 voix pour, 210 contre et 29 abstentions, le Parlement européen a approuvé mardi 6 octobre à Strasbourg un rapport qui réclame des actions ciblées contre l’épuisement professionnel et en faveur de la protection de la santé mentale des salariés.
Estelle Ceulemans, eurodéputée belge du groupe S&D et rapporteure du texte, a réagi : « La balle est désormais dans le camp de la Commission (…) qui dispose d’une occasion unique pour renforcer la prévention et la protection des travailleurs victimes de ce fléau (…) ».
Selon ce document, stress, épuisement professionnel et anxiété — les risques psychosociaux — comptent parmi les troubles de santé associés au travail les plus fréquemment déclarés dans l’Union européenne. D’après l’Agence européenne pour la sécurité et la santé au travail (EU-OSHA), 44 % des salariés disent subir une forte pression de délais ou une charge excessive.
Lundi soir, lors des discussions, Mme Ceulemans a estimé « urgent » de durcir le cadre réglementaire de l’UE, inchangé depuis 1989 et dépourvu de dispositions propres aux risques psychosociaux. Elle a pointé un absentéisme marqué, des manques de main-d’œuvre dans des filières essentielles et, dans certains cas, des décès.
Le rapport plaide pour que les pathologies concernées soient reconnues comme maladies professionnelles. Il revendique aussi une ligne de tolérance zéro contre les violences et le harcèlement sur le lieu de travail. Les auteurs mettent en avant la faculté des salariés de couper les liens numériques hors temps de travail, tout en réclamant que l’impact de la digitalisation sur l’équilibre psychique soit mesuré de façon périodique. D’après le texte, logiciels et intelligence artificielle amplifient le contrôle automatisé comme la charge de travail, tandis que vagues de chaleur et autres extrêmes climatiques accentuent encore la contrainte.
Lundi, la commissaire à l’Éducation, aux Emplois de qualité et aux Droits sociaux, Roxana Mînzatu, a rappelé le lancement par la Commission d’une feuille de route pour des emplois de qualité, dont le bilan est attendu d’ici la fin de l’année. « Nous devons veiller à avoir des règles et à les faire respecter pour que les risques mentaux pour les travailleurs soient identifiés », a-t-elle déclaré. Elle a ajouté qu’il convient de préserver la compétitivité des entreprises et qu’une législation éventuelle devra servir « à la fois les travailleurs et notre économie ».
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