Vendredi, Washington a officialisé des sanctions visant la Cour pénale internationale (CPI), quelques heures après que Navi Pillay, ancienne juge sud-africaine, a reçu le prix Nobel de la paix, notamment pour son action au sein de cette institution.
Le département d’État justifie ces dispositions dans un communiqué par le souci de « défendre la souveraineté américaine et ses citoyens contre la menace que représente la Cour pénale internationale ».
Marco Rubio, secrétaire d’État, a qualifié la CPI de « tribunal voyou », déclarant : « Ils veulent plus de pouvoir et le veulent à nos dépens ». Il a ajouté : « Républicains comme démocrates ont toujours rejeté l’idée que la CPI puisse poursuivre des citoyens, des membres de nos forces armées ou des responsables politiques américains. Les États-Unis n’ont jamais adhéré à cette Cour, nous n’en avons pas besoin et nous n’en voulons pas ».
Valables 180 jours, ces mesures interdisent toute opération financière avec la CPI afin de « la couper de ses ressources et réduire sa capacité à opérer ». « Nous espérons voir nos alliés calmer les ardeurs de la Cour. Dans le cas contraire, les États-Unis continueront de démanteler la CPI, brique par brique, jusqu’à ce que les Américains ne puissent plus être menacés », a poursuivi M. Rubio. La durée pourra être modulée « en réponse aux succès ou échecs de ces efforts ».
Il a rattaché ces décisions à la volonté d’« experts mondialistes au-delà des océans » d’inciter la Cour à « faire plus, notamment en lançant des poursuites contre des Américains. Les soldats qui défendent leur pays. Les agents des frontières qui protègent notre nation ». Washington, a-t-il assuré, a d’abord cherché une « solution diplomatique », jugeant que « ni la Cour ni les États parties n’ont jusqu’ici pris la moindre mesure pour prendre en compte nos inquiétudes ».
Dans un communiqué, la Cour a jugé ces sanctions « une attaque contre l’État de droit et les fondements même de l’ordre juridique international, qui porte un coup au principe fondamental selon lequel nul n’est au-dessus des lois ».
Restent exclus du dispositif la maintenance et les prestations de services logiciels, l’accès aux services d’informatique en nuage, la gestion du régime de retraite de la CPI, ainsi que certaines opérations touchant les personnes placées sous la garde de la Cour.


