Sébastien Lecornu, dans un courrier daté de mardi, invite députés et sénateurs socialistes à le rejoindre pour construire un « compromis » sur le budget 2027. « Je vous propose que nous nous rencontrions prochainement pour engager ce travail. Le compromis de 2026 a été possible parce que chacun a accepté de faire un pas. Je suis prêt à poursuivre cette démarche avec vous, avec la même franchise et la même volonté d’aboutir », y écrit le Premier ministre.
L’exécutif, affirme-t-il, « ne se mêlera pas de la campagne présidentielle ». Il ajoute que « le désaccord n’interdit pas d’agir ensemble lorsque l’intérêt du pays le commande ». « Notre volonté de compromis s’est donc déjà traduite dans le budget 2026, elle demeure entière pour 2027 », poursuit-il. Toutes les pistes doivent pouvoir être discutées, selon lui, « en recherchant les solutions qui permettront de préserver l’équilibre financier d’ensemble et de répartir l’effort avec justice ».
Il rejoint les socialistes dans le constat que « le poids croissant des intérêts de la dette réduit les moyens disponibles pour l’école, l’hôpital ou l’investissement ». Il les presse de « mesurer » ce qu’impliquerait, en cas de censure, l’absence de budget : les Français seraient alors exposés à « l’austérité la plus dure ». Un « blocage », prévient-il, pourrait se « prolonger » au-delà de l’élection présidentielle, elle-même appelée à être suivie d’élections législatives.
Ces échanges pourraient débloquer plusieurs dossiers — indemnisation des victimes du chlordécone, hydroélectricité, protection de l’enfance — ainsi que la proposition de loi relative aux violences sexuelles visant femmes et enfants, texte qui ouvrira les débats à l’Assemblée nationale avant le budget. Le chef du gouvernement attend aussi des socialistes qu’ils enrichissent le plan de soutien à l’agriculture touchée par la sécheresse estivale, ou qu’ils amendent le plan logement destiné aux sinistrés des incendies.
Lors de l’examen du budget 2026, le Premier ministre avait déjà accordé aux socialistes plusieurs mesures, parmi lesquelles la suspension de la réforme des retraites. Le budget de la Sécurité sociale avait été adopté par un vote ; celui de l’État l’avait été sans scrutin, via l’article 49.3 de la Constitution. L’entente avec le PS avait alors permis au gouvernement d’échapper à la censure.
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