Nommer Sébastien Lecornu à Matignon, voilà donc la nouvelle « trouvaille » d’Emmanuel Macron. Après l’échec prévisible de Bayrou, chassé par un vote de confiance, le président se résout à jouer sa dernière carte en plaçant un fidèle parmi les fidèles. C’est dire si le macronisme est en fin de cycle : il n’a plus de réserve, plus d’élan, plus rien à proposer, sinon un recyclage de son premier cercle.
Les réactions sont à la hauteur du malaise. À gauche, Mélenchon se scandalise, dénonçant une « triste comédie » et un homme « qui a cédé devant Trump » et cautionné « le grand n’importe quoi en Ukraine ». Les Verts hurlent à la provocation, les socialistes se partagent entre cris d’orfraie et tentatives d’arrangement, Glucksmann vend sa participation contre un supplément de fiscalité. Autrement dit, rien de neuf : la gauche joue ses numéros habituels, divisée entre posture morale et appétit de places.
Marine Le Pen, elle, touche juste en évoquant « la dernière cartouche du macronisme ». Car la vérité est là : Macron ne croit plus en rien, il n’espère plus rien. Il place Lecornu non pour réformer, mais pour tenir, coûte que coûte, jusqu’à la prochaine échéance. Bardella ironise, mais il sait que l’heure approche : l’alternance est désormais visible, palpable.
Dans le camp présidentiel, on se félicite platement que le nouveau Premier ministre « ne soit pas socialiste » et l’on appelle à « trouver des accords » comme on dirait « trouver des rustines ». Retailleau jubile, Philippe fait mine de croire encore au « dialogue », Attal promet la « stabilité »… On n’y croit plus guère, mais l’important est de sauver les apparences.
La nomination de Lecornu ne résout rien. Elle illustre au contraire la fin d’un régime qui, depuis 2017, n’a vécu que de coups tactiques et de coups de menton. Macron a brûlé ses cartouches, perdu sa majorité, abîmé ses soutiens. Il se cramponne encore à Matignon par un jeu d’alliances bancales, mais chacun comprend qu’il s’agit d’une transition vers la suite. La vraie question n’est plus : « Lecornu réussira-t-il ? », mais : « combien de temps encore tiendra-t-il avant que la France, lassée de ces comédies, ne tourne la page ? »
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