Le taux d’emprunt à 10 ans de la France a atteint, jeudi 1er octobre 2026, des niveaux compris entre 4,95 % et 4,96 % sur le marché obligataire secondaire, un niveau inédit depuis 2002. Ce mouvement renchérit le coût de la dette publique.
L’État a émis 12 milliards d’euros de titres, à un coût nettement plus élevé que l’an dernier.
Le gouvernement présente en conseil des ministres son projet de budget pour 2027. Il vise un déficit de 5 % du PIB, avec 43 à 54 milliards d’euros de mesures de redressement, dont près de 45 milliards dès 2027. Ces mesures comprennent 5,5 milliards d’euros pour les retraites, un gel du point d’indice des fonctionnaires et 5,4 milliards d’euros demandés aux collectivités. La charge de la dette devrait atteindre près de 80 milliards d’euros en 2026 et 91 milliards en 2027, d’après le ministère de l’Économie. La dette publique atteindrait 121,7 % du PIB, selon le Haut Conseil des finances publiques.
Interrogé sur LCI le 1er octobre, Édouard Philippe a déclaré craindre « l’étranglement » que pourrait créer la dette publique sur l’économie et le risque d’un « choc extérieur » déstabilisant le système et entraînant une crise financière. Il a regretté que le gouvernement « essaie par tous les bouts de rogner un peu », jugeant cela « très difficile à expliquer » et « très difficile à supporter ».
Le Parti socialiste a qualifié le projet de budget de « récessif » et « injuste ». Édouard Philippe a défendu sa réforme des retraites en plaidant pour « travailler tous un petit peu plus » et « augmenter un peu […] la durée du travail de façon à créer de la richesse supplémentaire ».


