Le Royaume-Uni à genoux

Illustration : LeFrançais

Le Royaume-Uni continue de s’enfoncer, et l’affaire révélée ces derniers jours en est une illustration presque caricaturale. L’État britannique accepte de verser 240.000 livres sterling à un double meurtrier islamiste, non pas pour une erreur judiciaire, mais pour l’avoir placé à l’isolement en prison. Une décision qui sidère l’opinion et confirme une trajectoire inquiétante : celle d’un pays qui semble avoir perdu le sens de ses priorités.

La justice retournée contre la société

Fuad Awale, condamné pour l’exécution de deux adolescents d’une balle dans la tête, avait également pris en otage un surveillant pénitentiaire, exigeant la libération de figures de l’islamisme radical. Jugé extrêmement dangereux, il avait été placé dans un régime d’isolement strict. C’est précisément cette mesure de sécurité que la justice a sanctionnée, au nom du droit à la « vie privée et familiale ».


Le résultat est saisissant : non seulement l’État rembourse des frais juridiques colossaux, mais il indemnise le criminel. Le message envoyé est limpide : protéger les agents pénitentiaires et prévenir la radicalisation devient juridiquement suspect, tandis que les droits du pire des assassins sont érigés en absolu.

La CEDH comme boussole unique

Au cœur de cette dérive se trouve l’interprétation maximaliste de la Convention européenne des droits de l’homme. La Haute Cour britannique estime que l’administration pénitentiaire n’a pas suffisamment justifié l’isolement, et qu’elle n’a pas assez tenu compte du ressenti du détenu. La sécurité collective passe après la perception subjective du criminel.

Ce renversement des valeurs n’est pas nouveau, mais il franchit ici un seuil symbolique. L’État n’est plus le garant de l’ordre, il devient un justiciable permanent, sommé de s’excuser et de payer. Les contribuables règlent la note pendant que l’autorité publique se dissout dans des procédures sans fin.

Une classe politique paralysée

La réaction politique, elle aussi, en dit long. Le gouvernement travailliste reconnaît la décision judiciaire, regrette le tollé, évoque vaguement une réforme future. Rien de concret, rien d’immédiat. La peur de contester frontalement la logique juridictionnelle semble plus forte que la défense de l’intérêt général.

Pendant ce temps, les forces de l’ordre, les surveillants pénitentiaires et les citoyens ordinaires observent un État qui cède, recule et s’excuse. L’autorité n’est plus assumée, elle est administrée à reculons.

Un pays qui doute de lui-même

Cette affaire n’est pas un accident isolé. Elle s’inscrit dans une série de renoncements où la protection des frontières, la lutte contre l’islamisme et la défense de l’ordre public sont constamment relativisées. Le Royaume-Uni, autrefois réputé pour son pragmatisme et sa fermeté, semble désormais prisonnier d’un juridisme hors-sol.

En indemnisant un terroriste au nom de son confort carcéral, Londres ne fait pas preuve d’humanité, elle affiche surtout une inquiétante perte de repères, symptôme d’un pays qui, à force de douter de lui-même, finit par s’enfoncer.

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