Le Rafale remet la France au travail

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Il y a des nouvelles qui font du bien précisément parce qu’elles sont simples. Dassault Aviation vient d’ouvrir un nouveau site de production à Cergy, opérationnel, moderne, financé à hauteur de 100 millions d’euros, destiné à produire plus vite des avions Rafale. Pas une promesse. Pas un plan à dix ans. Une usine qui tourne.

Dans un pays habitué aux fermetures de sites, aux reconversions incantatoires et aux « territoires d’avenir » sans aucun avenir, voir surgir 40.000 m² d’ateliers, 600 salariés et autant de partenaires, relève presque de l’événement historique. La dernière ouverture d’un site Dassault remontait à cinquante ans. Autant dire une autre époque.

Le Rafale, bien plus qu’un slogan

On parle souvent du Rafale comme d’un emblème. On oublie parfois qu’il s’agit d’abord d’un avion réel, complexe, exigeant, qui suppose des compétences rares, accumulées, patiemment transmises. À Cergy, on assemble, on façonne, on équipe : fuselages, tuyauteries métalliques, éléments de structure pour les Rafale comme pour les Falcon.

Cette usine ne fait pas de communication verte, elle fait de la mécanique de précision. Elle ne promet pas des lendemains radieux, elle sort des pièces conformes. Et c’est précisément ce qui lui donne sa valeur politique, au sens noble du terme.

Souveraineté industrielle, le mot n’est pas trop grand

Éric Trappier l’a rappelé sans détour : certaines compétences ne se délocalisent pas sans se perdre. Dans un contexte géopolitique tendu, alors que les commandes s’accumulent – plus de 200 avions à livrer – maintenir et développer ces savoir-faire sur le sol national relève de la simple lucidité.

La souveraineté n’est pas une posture, c’est une chaîne de production qui fonctionne. Ce sont des ingénieurs, des techniciens, des ajusteurs qui savent ce qu’ils font, et qui peuvent le refaire demain sans dépendre d’un fournisseur à l’autre bout du monde.

Quatre Rafale par mois, bientôt cinq

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En 2020, Dassault livrait moins d’un Rafale par mois. Aujourd’hui, l’objectif est d’atteindre quatre appareils mensuels, avec la possibilité d’en produire cinq. Cette montée en cadence n’a rien d’abstrait : elle répond à des commandes françaises, mais aussi internationales.

Huit pays ont déjà choisi le Rafale. L’Ukraine pourrait, à terme, en rejoindre la liste avec une commande potentielle d’une centaine d’appareils. Là encore, pas de discours enflammé : des lettres d’intention, des calendriers, des capacités industrielles alignées.

L’industrie contre le bavardage

Pendant que certains rêvent d’une Europe puissance construite à coups de règlements, Dassault construit des avions. Pendant que d’autres empilent les normes, l’industriel investit, recrute et produit. Il n’y a pas de leçon de morale ici, seulement un constat : la puissance se fabrique, elle ne se décrète pas.

Cette usine de Cergy ne fait pas la une des sommets internationaux, mais elle pèsera bien davantage que nombre de déclarations solennelles, parce qu’elle inscrit la France dans le temps long, celui de l’industrie qui dure et qui livre.

La souveraineté commence souvent par une porte d’atelier qui s’ouvre.

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