Le pape reçoit sept victimes de pédocriminalité à Lourdes

Le pape a rencontré dimanche à Lourdes sept victimes de violences sexuelles commises dans l’Église catholique. Cinq d’entre elles ont fait état, lors d’une conférence de presse, d’une « prise de conscience majeure » de sa part et de la reconnaissance du caractère « systémique » de ces violences.

L’échange à huis clos a duré près de deux heures. Il a compris un entretien individuel d’une quinzaine de minutes avec chacune des victimes, puis un temps collectif.

Olivier Mardi, cofondateur du collectif Voix Libérées de Touraine, a décrit un interlocuteur « très attentif » et « authentiquement à l’écoute ». « J’ai pu lui dire tout ce que je voulais, c’était simple », a déclaré Véronique Garnier, du collectif Foi & Résilience, en évoquant « beaucoup de soulagement et de joie ».

Bertrand Virieux, cofondateur de l’ancienne association lyonnaise La Parole Libérée, a jugé que le pape avait « clairement ressenti la mesure de la profondeur du problème ». Jérôme Guillement a rapporté une lecture nette de la « systémie » : les agresseurs sont, pour le pontife, des individus, « mais ce qui permet que ça continue est la dimension systémique dans l’institution qui a existé et qui existe encore ». Le pape n’a pas demandé pardon, a-t-il ajouté ; il a en revanche reconnu qu’« il y en a encore pour des années et des années », jugeant utopique l’idée d’un règlement en un ou deux ans.

Les sept participants, quatre hommes et trois femmes, sont liés à de grands dossiers français, notamment ceux de l’abbé Pierre, de l’abbé Tartu à Tours, du prêtre Bernard Preynat à Lyon et de l’établissement Notre‑Dame de Bétharram.

Avant la rencontre, des collectifs avaient critiqué l’opacité du choix des participants. La Conférence des évêques de France, saisie d’une quarantaine de demandes, avait justifié le format restreint pour que le pape puisse « vraiment écouter, échanger, dialoguer ».

La question reste vive cinq ans après le rapport, qui a estimé à 330 000 le nombre de victimes mineures au sein de l’Église de France depuis 1950. Après ces révélations, l’épiscopat avait mis en place deux instances d’écoute et de réparation.

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Le Journal des Francais