Le Medef évalue à près de 20 milliards les taxes du budget 2027

Selon une estimation du Medef publiée jeudi 1er octobre, taxes et prélèvements frappant les entreprises dans le projet de budget 2027 s’élèvent à « près de 20 milliards d’euros ». Dans un communiqué, la première organisation patronale affirme qu’« affaiblir encore les entreprises, c’est affaiblir le pays ».

Elle s’élève contre « la multiplication des taxes » qui touchent les complémentaires santé, le transport maritime, les autoroutes, les conventions d’assurance automobile et les produits transformés sucrés. « Cibler tous ces secteurs aura des conséquences pour l’ensemble de l’économie », estime-t-elle.

Autre grief : le gel, programmé pour 2027, des allègements de cotisations patronales, associé à l’extension de l’assiette à l’intéressement, à la participation et à la prime de partage de la valeur — un total de 6,6 milliards d’euros. « Il s’agit là d’une menace directe sur l’emploi », affirme l’organisation, considérant que « renchérir le travail serait une faute économique ».

En 2027, la surtaxe sur les bénéfices des plus grandes entreprises baissera : le rendement attendu passera de 7,3 milliards d’euros l’an dernier à cinq milliards. Le Medef souligne néanmoins que cette surtaxe, créée en 2025, ne devait valoir que pour cette seule année. Sa reconduction « reste un mauvais signal », qui « fragilise la parole donnée et inquiète les investisseurs, en particulier les étrangers », juge l’organisation.

Tout en concédant que « les mesures de soutien à l’industrie et à la reprise d’entreprises par les salariés », via le pacte Papin, « vont dans le bon sens », le Medef estime que « leur portée sera amoindrie si, parallèlement, les prélèvements réduisent la capacité des entreprises à les mobiliser ».

« La France reste exposée à un double risque », observe-t-il : « une croissance atone et une dette qui coûte davantage ». Il ajoute qu’une dégradation des perspectives économiques ou de la confiance des prêteurs pourrait amplifier la pression sur le financement du pays, et que assurer la capacité de production, l’emploi et l’investissement contribue aussi à la sécurité financière. Il compte sur le débat parlementaire, qui s’ouvrira la semaine prochaine, pour amender le budget.



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