Au départ, il n’y avait qu’une publicité de Noël, tendre, un peu mélancolique, portée par un loup solitaire en quête d’acceptation. Quelques semaines plus tard, le court-métrage publicitaire d’Intermarché dépassait le milliard de vues à travers le monde. Un score qui ferait rougir bien des studios californiens bardés d’Oscars.
Cette réussite n’a rien d’un coup de chance. Elle repose sur une recette très française : un sens aigu du récit, une émotion jamais forcée et une élégance visuelle qui préfère la suggestion au matraquage spectaculaire.
Illogic Studios, des artisans plutôt que des industriels
Derrière ce loup devenu star, on trouve Illogic Studios, une structure installée à Montpellier, loin des tours de verre de Los Angeles et des budgets délirants des majors américaines. Des animateurs, des réalisateurs, des dessinateurs qui travaillent avec minutie, comme des orfèvres de l’image animée.
Leur prochain projet, La Famille Rivière, long-métrage centré sur une famille de castors perdue dans le parc de Yellowstone, s’inscrit dans cette même tradition : raconter une histoire humaine à travers des animaux, sans cynisme, sans ironie lourde, sans idéologie plaquée.
Une école française de l’animation qui s’impose sans bruit
Pendant des années, la France a cultivé son animation dans une relative discrétion, formant des talents, développant des techniques, peaufinant un style reconnaissable entre tous. Moins tapageur que Pixar, moins clinquant que DreamWorks, mais souvent plus subtil, plus délicat, plus universel.
Aujourd’hui, ce travail patient porte ses fruits. Quand une simple publicité française devient un objet culturel mondial, c’est toute une filière qui récolte les applaudissements.
Hollywood n’a pas le monopole de l’émotion
Le futur film d’Illogic Studios ne dispose sans doute ni de super-héros bodybuildés ni de batailles intergalactiques. Il proposera autre chose : une histoire, des personnages, une atmosphère. Bref, ce qui touche vraiment les spectateurs, petits et grands.
Et si le prochain grand film d’animation capable de faire rire et pleurer à Tokyo, Montréal ou Berlin naissait en Occitanie, dans un studio français, loin des autoroutes de la hype et des recettes industrielles ?
Une chose est sûre : le loup mal-aimé n’a pas seulement conquis les écrans, il a rappelé au monde que le talent français sait encore mordre quand il le faut.
